Portrait Mme Ziani Tassadit, passionnée par son métier – Une potière aux mains d’or

C’est une dame du village d’Aït Aissi Ouziane, dans la commune de Maâtkas. Une potière hors pair, une artiste dévouée à son métier.

Elle ne lésine pas sur les efforts et ne tolère aucune imperfection dans ses œuvres de grande qualité. A Maâtkas comme ailleurs, son travail est reconnu par tous les spécialistes du travail de l’argile. Elle a en effet fait des expositions à travers plusieurs wilayas du pays et même en Tunisie. Elle accueille aussi chez elle des étrangers, curieux de découvrir les arts et les métiers locaux. Elle, c’est Mme Ziani Tassadit, que l’on appelle affectueusement Nna Tassadit. Frisant la soixantaine et malmené par la maladie, les aléas de la vie et les difficultés de son métier, elle se donne corps et âme à son travail. Nous l’avons rencontrée lors du dernier festival de la poterie, elle a bien voulu nous parler de son amour pour le travail d’argile : « Ce métier je l’ai appris depuis ma tendre enfance. Je regardais travailler ma mère et ma grand-mère et j’essayais de temps en temps de mettre la main à l’argile. Lorsque je réussissais ma mère m’encourageait mais lorsque l’objet fabriqué ne lui plaisait pas, il était tout de suite cassé. Ma mère était exigeante. C’est ainsi que j’ai appris les secrets de la poterie ». A présent, Mme Ziani est passée maître dans cet art traditionnel. Ses cruches, ses jarres, ses terrines, ses multiples pots et toutes ses œuvres sont très demandées. Pourtant elle continue toujours à travailler à la manière des anciens et avec des outils rudimentaires : « Je respecte toujours le rituel et les techniques des anciennes potières et j’utilise les mêmes outils. Ce travail est pénible et ne fait pas vivre, il faut toujours faire autre chose pour subvenir à tous ses besoins », nous confie-t elle. Nna Tassadit a tout de même un regret. Elle a été invitée par des Français à se rendre à Paris dans le cadre des échanges culturels. Hélas, elle n’a pas pu obtenir un visa : « J’ai déposé un dossier complet et payé ce qu’il fallait, mais on m’a refusé le visa. C’est injuste. Je réponds toujours à l’appel de la patrie et fais de mon mieux pour honorer mon pays. On aurait dû m’aider », a-t-elle dit avec regret. Mais cela n’a rien diminué de la volonté de Nna Tassadit qui continue à travailler avec acharnement. Non seulement pour subvenir à ses besoins mais aussi pour garder vivant ce trésor qui fait partie de notre identité.

 

 Hocine T