Algérie, pays de culture

Les Algériens, amoureux de leur culture et de leur histoire, ont été agréablement surpris de voir un de leurs genres musicaux classés par l’Unesco, l’Organisation des Nations Unies pour la Culture et l’Education, patrimoine universel. Ce genre, l’Ahellil du Gourara, a été retenu, avec un certain nombre d’œuvres, que les experts internationaux ont jugés digne de voir figurer parmi les chef-d’œuvres de la culture de l’humanité. Cela signifie que ce genre bénéficiera au plan international d’une large diffusion ainsi que d’une protection, car les chef-d’œuvres en question, appartiennent tous au patrimoine immatériel, oral, et qu’ils sont menacés, si les conditions de leur conservation n’est pas assurée, de disparition. Dans le cas de l’Ahellil, ce n’est pas seulement le genre qui est menacé de disparition mais aussi la langue, le Zenète, une variété de berbère qui n’a cessé, de reculer. Cette consacrétion va peut-être pousser de jeunes Algériens à approfondir les recherches sur le patrimoine national immatériel, non seulement des Zénètes du Gourara, mais d’autres régions du pays. Il faut rendre ici un hommage à un pionnier de ces recherches, à Mouloud Mammeri, qui nous a laissé une superbe étude sur l’Ahellil, ainsi qu’un recueil de textes : L’Ahellil du Gourara, Ahellil n Tgurarin, textes et traduction, publié en 1985 à Paris, aux Editions de la Maison des Sciences, et qui mérite aujourd’hui d’être réédité en Algérie pour qu’il soit accessible à un plus grand nombre de lecteurs.

S. Aït Larba