Une étoile, un monstre sacré, un virtuose de la chanson kabyle, ce sont là quelques-uns des adjectifs qui vont bien au grand Akli Yahiatène, qui a illuminé, dans la soirée d'avant-hier, de tout son talent, le salle de spectacle de la Maison de la culture Ali Zaamoum de Bouira.
Ainsi, et dans le cadre des soirées ramadhanesques organisées par le direction de la culture de Bouira, cette légende vivante de la chanson algérienne s’est produite devant un public qui lui était complètement acquis. C’est aux alentours de 22h20 que l’interprète de l’inoubliable » El Menfi » (l’exilé) fera son entrée sur scène, sous un tonnerre d’applaudissement d’un public admiratif. Akli Yahiatène n’est pas un étranger pour le public bouiri, car, pour rappel, l’artiste a été le premier à «inaugurer», en 2008, cette même salle. D’ailleurs, son dernier concert à Bouira remonte au mois de juillet 2012. Autant dire que l’enfant de Boghni est un habitué du public de Bouira et que ce dernier le lui rend bien. Du haut de ses 78 printemps et toujours bon pied bon œil, le maestro gratifiera son auditoire de ses plus belles chansons, extraites de son riche répertoire. Le premier titre interprété a été » Araw n’l’djazayer ». Une chanson qui donnera le ton de la soirée, festive, entraînante et envoûtante à la fois. L’assistance, venue en nombre, est littéralement tombée sous le charme de la voix mélodieuse de » Dda » Akli, comme l’appellent affectueusement ses fans. Ces derniers étaient comme transportés et enivrés. Par la suite, il enchaînera avec la non moins célèbre » Tamurt iw tamurt idurar », laquelle plongera les spectateurs, surtout de l’ancienne génération, dans une douce mélancolie, empreinte de nostalgie. Ensuite, l’hôte de Bouira, poursuivra son récital en gratifiant ses admirateurs du célèbre tube » Zrigh zin dhi michelet », qui évoque la beauté mythique des femmes de Ain El Hammam (ex-michelet), le tout avec le verbe et la poésie propres à Akli Yahiatène. Après une courte pause, le chanteur, en parfaite osmose avec son public, enchaînera par « Tamurt Aâzizen », une chanson qui ne figure par sur ses albums et que l’artiste réserve uniquement à ses fans, à travers ses tournées. Le temps d’une gorgée d’eau et de prendre place sur chaise, et voilà la maestro reparti pour offrir à son public un » best of » de ses plus belles œuvres musicales. On citera, pêle-mêle, « Ya saknin ledjbal », magnifique chanson en arabe dialectal, « Ayaxxam d acu i k-yughen » est une autre chanson retenue dans le répertoire de l’artiste. Dans la foulée, l’artiste à la voix d’or interprétera, tour à tour, » assa amzoun delaid » et » Echah ». Mais le « clou » du spectacle aura été sans conteste l’incontournable «El menfi». Plus qu’une simple chanson, c’est un véritable hymne des exilés de tous horizons. En effet, cette chanson est liée à une période de l’histoire peu connue des deux côtés de la Méditerranée. La déportation des « rebelles » en Nouvelle Calédonie, suite à la révolte d’El Mokrani. Elle évoque aussi les souffrances endurées par les immigrés algériens de toutes les époques. Ce tube universel et intemporel, plongera l’assistance dans un état de transe et le mot est faible! D’ailleurs, elle a été la plus attendue et la plus reprise en chœurs par le public.
Ramdane B.

