Et si Lynda, la jeune athlète de Taï Kwando, en stage à Tikjda avec plusieurs camarades, avait raison ? Celle-ci expliquait en effet, avant-hier, au ministre en visite d’inspection à Bouira, que le sport était une affaire de moyens plus que d’entraînement. En tous les cas, et le moins que l’on puisse dire c’est que la réflexion de la jeune athlète a fait mal. Si le ministre avait prétexté le manque d’argent, s’il avait dit que l’Etat ne pouvait fournir tous les moyens à tous les athlètes, qu’il avait des priorités, nul doute que les jeunes filles auraient compris et l’incident aurait été évité. Mais cette réponse sèche : «travaillez ou rentrez chez vous !», a claqué comme un coup de fouet aux oreilles des jeunes athlètes. La déception se lisait sur leurs visages. Pourtant, il aurait été si simple de leur dire de continuer à bien travailler en attendant plus de moyens et plus d’aide. Cela aurait fait plaisir au groupe de filles qui ne faisaient qu’interpeller leur ministre pour une meilleure prise en charge. Et cela aurait été plus conforme au message qu’il avait délivré quelques instants auparavant aux trois cents stagiaires à qui il conseillait d’allier la réussite scolaire à la réussite sportive. Il est question de bonne communication. Quoi qu’il en soit, l’exemple de bonne volonté et d’application, les jeunes athlètes l’ont fourni au ministre : toutes les filles et tous les garçons se sont dits en effet prêts à affronter les épreuves du bac dans un ou deux ans, comme ils s’apprêtent à se lancer dans les compétitions en vue des prochains jeux olympiques. Avec ou sans les moyens nécessaires. Une interrogation subsiste : comment comprendre qu’avec tous les efforts, dont le ministre venait de souligner l’importance pour la culture physique, l’Etat lésine-t-il à propos de l’achat d’un plastron qui affiche automatiquement les points enregistrés ? Par ailleurs, il convient de préciser que le ministre s’est montré charmant avec tous les autres groupes avec lesquels il s’était entretenu et qu’il a encouragé à avancer dans cette voie en leur faisant observer qu’ils incarnaient l’avenir du pays.
Aziz Bey
