Accès dangereux !

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La gare routière de Boukhalfa, mise en service vendredi dernier, présente, disons, presque toutes les commodités d’une vraie station de bus et de fourgons. Cependant, il lui manque une chose pour mériter tout le bien qu’on pense d’elle : une accessibilité plus aisée pour les usagers qui s’y rendent à pied. Mais surtout pour les handicapés qui n’ont pas été pris en considération, en dépit de la loi qui assujettit toute délivrance d’un permis de construire au respect des normes d’accessibilité des handicapés, notamment dans la réalisation d’infrastructures publiques. « La réalisation des ouvrages, équipements et aménagements ouverts au public, objet de demande de permis de construire, doit observer les prescriptions de la norme algérienne d’accessibilité au profit des personnes handicapées ». Un arrêté ministériel a même été signé le 6 mai 2011, par les ministres de la Solidarité nationale, de l’Aménagement du territoire, de l’Habitat et de la Jeunesse et des sports. Cette loi a d’ailleurs fait l’objet, auparavant, plus exactement le 6 mars 2011, d’une publication au J.O. Ce qui  amène à se demander comment a été réalisée cette infrastructure sans fidélité aux règles d’usage en la matière et notamment des articles 2 à 6 dudit décret. La seule voie d’accès à cette gare demeure une rampe d’escaliers abrupte et sans balustrade. Ce qui pourrait mettre en danger les gens valides et à fortiori ceux à mobilité réduite. De plus, ces marches, cimentées et non finies, sont par endroits fissurées. Ce qui pousse à penser que l’on a agi dans la précipitation pour  recevoir dans les temps cet ouvrage, au détriment de l’intérêt général. Certes, la station sert généralement de transit, reçoit très peu d’usagers piétons, puisque la plupart y accèdent par bus ou par fourgons pour changer de transport vers la direction de leur choix. Toutefois, il n’en demeure pas moins que de nombreux utilisateurs en provenance de Boukhalfa et des lotissements environnants trouvent des difficultés pour y entrer. Il va sans dire que pour « exprimer une volonté de substituer un urbanisme actif à l’urbanisation subi », il faudrait un minimum d’égard pour non seulement le confort de l’usager mais aussi pour son déplacement sans risque de se casser le cou. 

 Sadek A.H    

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