Aïn-Bessem Vingt-neuf jours après sa disparition – L’énigme Badreddine demeure complète

Aucun signe de vie ni piste sérieuse ne peut aider à retrouver la trace de Badreddine Lamouri, un collégien de 13 ans, mystérieusement disparu depuis le samedi 30 avril dernier à Aïn-Bessem, sa ville natale, située à une vingtaine de kilomètres au sud-est du chef-lieu de wilaya de Bouira. L’hypothèse de son déplacement vers le stade du 05 juillet à Alger, pour suivre la finale de la coupe d’Algérie prévue le premier mai dernier, a été vite abandonnée par ses parents et les enquêteurs de la police, puisque aucune preuve tangible n’a été trouvée. Son père, Mohammed Lamouri, que nous avons rencontré hier dans son domicile familial, nous rappellera qu’aucune trace n’a été trouvée et que le téléphone de son fils demeure toujours injoignable : «Le samedi matin, il est sorti de la maison peu avant 08h pour rejoindre l’institut privé où il suivait des cours de soutien en langues étrangères. Selon les témoignages de ses camardes de classe, Badrou est sorti de l’institut, puisque l’enseignant était en retard ce jour-là mais avec l’arrivée de son professeur, Badrou n’est pas rentré. C’est le dernier élément d’information que j’ai de mon fils». M. Lamouri nous ajoutera que certains amis à lui l’auraient aperçu, durant la même matinée, avec un jeune homme près de la place du centre-ville. «Mais nous n’avons pas pu identifier ce jeune ni, d’ailleurs, confirmer cette information !» a-t-il soutenu. Peut-il s’agir d’une fugue ou d’un kidnapping ? «Tant que nous n’avons rien confirmé pour le moment, nous ne pouvons pas dire ça. Tout est possible !», assure une source sécuritaire, proche de l’enquête. «Il est admis en pareille circonstance que le temps est très précieux et que chaque jour qui passe complique davantage la situation et les chances de retrouver vivant le disparu s’amenuisent considérablement, surtout s’il s’agit d’un enlèvement», continue notre source.

«Nous gardons espoir»

Les parents de l’enfant vivent tous les jours dans l’angoisse, mais gardent espoir. Selon son oncle, Ahmed, les coups de téléphone, très nombreux, à travers lesquels on veut donner des renseignements au sujet de l’enfant disparu, n’ont fait qu’accentuer la pression parmi les proches du petit, car les renseignements donnés par les gens sont, souvent, assez vagues et ne permettent pas de localiser le disparu, du moins jusqu’à présent. Ces renseignements, par exemple, ont fait état de la présence de Badrou à Tipaza, Alger, Bouira ou encore à Aïn Oussara dans la wilaya de Djelfa. «On a cherché partout sans le trouver !», ajoutera notre interlocuteur, qui nous précise que Badrou n’a jamais fugué de la maison de ses parents, où il vivait tranquillement et sans aucun souci. «Il avait tous les moyens et il vivait tranquillement avec ses parents, qui ne lui ont jamais rien refusé. C’est leur fils aîné et son père comptait sur Badrou, surtout quand il s’absentait de la maison. Il lui arrivait de partir avec ses amis d’école ou du quartier en excursions, notamment vers les plages dans des wilayas limitrophes. Il est donc habitué aux balades. Il est même assez intelligent pour éviter toute mésaventure. Son oncle comptait sur lui pour rester toute une journée dans son magasin et il n’a jamais eu de problème», souligne notre interlocuteur. «En tout cas, nous n’avons pas perdu espoir. Nous profitons pour lancer, de nouveau, un appel à tous ceux qui pourraient l’apercevoir et à tous ceux qui ont des informations sur lui, pour qu’ils les transmettent aux services de sécurité», ajoutera sa grande mère. Où est donc passé Badrou, disparu depuis 29 jours déjà ? Cette question est sur toutes les lèvres à Aïn-Bessem. Des proches et des voisins souhaitent que l’enquête soit élargie vers d’autres localités et d’autres wilayas, particulièrement celles du centre du pays. «Nous avons organisé des campagnes de recherche un peu partout dans la wilaya de Bouira, mais aussi dans les wilayas voisines et à Alger. Malgré une grande solidarité et une grande mobilisation des citoyens, nous n’avons rien trouvé ! Les recherches doivent toucher désormais les gares routières, les zones de transit, les parcs ou encore les stades», estime-t-on. À noter, par ailleurs, que les citoyens de cette localité ont organisé au début du mois, deux imposantes marches, pour réclamer «toute la vérité sur cette disparition». Des opérations de recherche ont été organisées à travers plusieurs zones de cette localité et dans les villes voisines. «Une nouvelle marche de solidarité est prévue pour la semaine prochaine», assurent des proches de la famille.

O. K.