C’est durant la saison estivale que le travail au noir atteint des proportions alarmantes.
Des étudiants et des élèves exercent des métiers saisonniers, sans être déclarés à l’assurance. Cette main-d’œuvre bon marché est considérée comme une aubaine par des employeurs qui se frottent les mains à chaque fois qu’un étudiant ou un élève se présente pour proposer ses services. Ces jeunes scolarisés (collégiens, lycéens et universitaires) acceptent toutes les rémunérations sans exiger d’être assurés, contre les éventuels accidents qui surviendraient au cours du travail. On les trouvent partout, dans les fast-foods, les restaurants, les cafés, les poulaillers, les chantiers,… Ils triment tels des forçats, en sus des remarques désobligeantes des employeurs, déterminés à profiter d’eux au maximum. Certains étudiants sont contraints à supporter les dures conditions du travail. Pourvu qu’ils amassent un peu d’argent, afin de financer leurs études et les différentes charges y afférentes. Nous ne disposons pas de chiffres exacts de ces « étudiants- saisonniers » qui profitent de ces vacances d’été pour travailler, mais leur nombre ne cesse d’accroître dans la vallée de la Soummam. Il va sans dire que cette frange de la société vulnérable et impuissante devant les « requins » du monde impitoyable du travail, ne bénéficie d’aucune protection, ni de droits. Les cas de ces jeunes sont nombreux. Nous citerons à titre d’illustration celui de Saïd, un jeune universitaire de 20 ans, qui travaille dans un poulailler situé dans la commune de Boudjellil. Interrogé sur les conditions de travail dans cette unité de production des produits avicoles, notre interlocuteur dira: » Je travaille du matin jusqu’au soir, avec une rémunération de 600 da/jour. Sans aucune couverture sociale. Les conditions de travail sont difficiles à l’intérieur du poulailler. Je suis exposé à la saleté les mauvaises odeurs et la chaleur suffocante ». Saïd, issu d’une famille modeste, qui ne peut lui payer ses études universitaires, est contraint de travailler durant les vacances pour prendre en charge ses dépenses. Une situation précaire pour des étudiants qui aspirent à un avenir meilleur.
Syphax Y.

