À Larbâa Nath Irathen, depuis que les résultats du bac sont connus, les nouveaux bacheliers et leurs parents n’ont pas fini d’afficher leurs joies. Dans les rues, les cafés, les félicitations et les encouragements fusent de partout. Des cérémonies de remise de prix, en guise d’encouragement aux lauréats qui ont arraché le sésame leur permettant l’accès à l’université ont été organisées. Les nouveaux bacheliers ont été déçus en voyant la longue liste des documents demandés pour les préinscriptions. Beaucoup d’entre eux avouent être découragés. Les ennuis commencent, nous dira Mezouad Ahmed, accompagné de sa fille Yasmine. On ne sait pas qu’il y a autant de cassements de tête. Fort heureusement que les étudiants de la localité nous ont beaucoup aidé. « Le début du cauchemar a commencé quand nous avons effectué les 10 choix obligatoires », dira Yasmine. Et d’ajouter : « Ceux qui ont obtenu leur bac avec la mention moyen n’ont pas suffisamment de choix. De plus, il faut remplir la liste des dix choix, si non la préinscription n’est pas valide. Un problème de plus à gérer. Dès que j’ai vu la filière vers laquelle on m’a orienté mon dernier choix (le dixième), j’ai eu les larmes aux yeux. Mon rêve est de faire des études de technologie. J’ai fait un recours, mais on me l’a refusé puisqu’il s’agit de mon choix. Je pense que je vais faire une formation dans le paramédicale au lieu de traîner à la fac et de perde mon temps pour rien ».
Plusieurs nouveaux bacheliers sont dans le même cas que celui de Yasmine. Certain d’entre eux ont déjà l’idée de refaire le bac dans l’espoir d’avoir des moyennes meilleurs leur permettant d’opter pour la filière de leur choix. C’est un problème qui se généralise, ces derniers temps, dans les universités algériennes. D’ailleurs, on assiste, depuis quelques années, au phénomène du désintéressement et du manque de motivations des nouveaux inscrits à l’université dont la majorité n’est pas orientée pour étudier la formation de son choix. Les résultats sont là pour témoigner de cette réalité. Le taux d’échec très élevé notamment en première année, toutes disciplines confondues, en est la preuve. Certains lâchent prise, d’autres changent carrément de filières. Il y a aussi ceux qui refont le bac ou choisissent de faire de petites formations leur permettant l’accès à la vie professionnelle.
Y. Z.
