Le consensus au centre des débats au Conseil national du parti avant-hier – Les résolutions et les recommandations du FFS

Le Conseil National du FFS, réuni en session ordinaire au siège du parti à Alger, a réaffirmé sa détermination à réunir les meilleures conditions pour la tenue de la Conférence nationale du consensus.

L’objectif qu’il compte atteindre après l’avoir soutenu à chaque fois que l’occasion lui a été donnée. C’est ainsi que depuis la résolution du 5ème Congrès, le parti n’a cessé d’oeuvrer à construire autour du consensus, en organisant plusieurs rencontres et conférences thématiques, à l’exemple de la « Conférence économique et sociale », la « Convention nationale sur l’énergie », la « Journée parlementaire sur les droits de l’homme et l’indépendance de la justice » et la « Journée sur les transitions démocratiques dans le monde ». C’est pourquoi, et dans le souci de donner davantage de crédit à l’organisation de cette conférence, les modèles internationaux de consensus ont été passés en revue et permis de se conforter que l’Algérie ne pouvait faire exception pour arriver au « changement démocratique du système de gouvernance politique, économique, social, culturel et environnemental », est-il précisé dans le texte de résolution politique, rendu public hier. Or, le plus vieux parti de l’opposition n’ignore pas que pour ce faire, la volonté politique est indispensable. Et le cadre du dialogue entre les différents acteurs doit être « inclusif, neutre, transparent et sans préalable », et que les participants doivent avoir un statut identique, qu’ils soient issus du pouvoir, de l’opposition ou de la société civile. Quant au mode d’organisation de cette conférence, le FFS suggère que « pour éviter un échec, l’élaboration du programme doit être un travail commun pour les parties prenantes ». Il est clair pour le FFS que l’organisation de la Conférence du Consensus n’est pas une mince affaire dès lors que les desseins des uns ne sont pas forcement ceux des autres. C’est pourquoi, définir le rôle de chacun est primordial pour arriver à un résultat probant. Il faut d’abord, suggère le texte de la résolution politique, rechercher un dénominateur commun pour toutes les parties participantes. Aussi, « les différents acteurs disposés au consensus devront se préparer à céder et renoncer à l’obtention de cent pour cent de leurs positions respectives, en cherchant un accord a minima possible. Dans le cas contraire, l’entente sera difficilement réalisable. Ceux qui arrivent à la table des négociations en exigeant le tout ou rien ont peu de chance de parvenir à leurs fins », avertit le FFS. Pour ce qui est de la cadence à adopter pour arriver à l’instauration du mode de gouvernance aux relents de consensus, il est primordial d’« avancer à petits pas », car, est-il explicité dans le texte de résolution, « qui veut d’emblée le tout, risque de ne rien obtenir du tout ». Il arrive ainsi que des acteurs s’excluent d’eux-mêmes de ces processus à cause de surenchères internes ou de calculs politiciens à court terme. Mais ceci n’empêche pas d’aboutir à un large consensus, car consensus national ne signifie pas unanimisme. En fait, et pour mieux saisir la portée d’une telle initiative, il faut savoir, a indiqué le rédacteur du communiqué que « le consensus ne s’obtient pas instantanément et ne dure pas indéfiniment. Des efforts de conciliation, avant, pendant et après, sont nécessaires pour garantir le succès de tels processus ». Pour ce qui est de l’Algérie, le Conseil national du FFS a tenu à souligner, dans sa résolution politique, que le Consensus national ne pourrait en aucun cas se substituer, et encore moins constituer un démarche similaire, aux autres initiatives. Et ce pour le motif que « ces initiatives sont toutes construites unilatéralement, d’un côté ceux qui rejettent le système et de l’autre le pouvoir faisant peu de cas de ces derniers ». En plus clair, le Consensus national que le FFS considère comme l’unique voie de salut pour le pays, ne sera pas défini à l’avance par l’un ou l’autre de ces acteurs, à travers une plateforme ou un programme, mais sera construit par l’ensemble des parties, dans un cadre neutre et transparent, permettant à chaque acteur, du système et de l’opposition, d’avancer ses propositions pour une meilleure gouvernance du pays sur les plans politique, économique, sociale, culturelle et environnementale. Enfin, « des précautions s’imposent », note le texte de résolution politique du FFS, en raison de son caractère inédit, en ce sens que « c’est une première dans les annales politiques qu’un parti d’opposition lance une initiative pour la construction d’un Consensus National alors que, de tous temps, et en tout lieu, une telle approche restait du ressort des gouvernements ». Pour ce qui est des recommandations, le Conseil National du FFS a insisté sur « la nécessité d’engager tous les acteurs, dans toutes les étapes de ce processus, sans exclusive, afin que la conférence soit celle de tous les acteurs rassemblés et non celle du seul FFS. La réussite de cette conférence sera ainsi l’affaire de tous» et d’organiser la conférence en deux phases : évaluer les divergences et les convergences, lors de la 1ère phase, avant d’engager la 2ème phase qui ne se tiendrait que si les conditions de consensus sont réunies. Et, bien sur, pour pérenniser ce mode de gouvernance, le FFS recommence expressément « de continuer à promouvoir le consensus national, qui place le parti au cœur du jeu politique et faire de lui un acteur incontournable de toute alternative démocratique.

Ferhat Zafane