Azrou (4km d’Ighil-Ali) est un village qui culmine à environ 600 mètres d’altitude. ses habitants vivent dans un isolement décontenançant en matière de transport.Aucun bus ni fourgon ne dessert ce patelin. Ce ne sont que les gens véhiculés qui parviennent à se déplacer aisément ; les moins nantis utilisent les animaux de bât quand ce n’est pas leurs jambes tout bonnement.Louer un taxi clandestin revient à 150 DA, voire même plus. Les collégiens et lycéens de ce village, souffrent le martyre car ils ne bénéficient pas de ramassage scolaire ; ils se rendent à leur établissement à pied qu’il pleuve ou qu’il vente. Seuls les élèves du premier palier sont épargnés puisque leur école se trouve au village même. Cependant, ils sont en “sursis” puisqu’ils connaîtront, si les choses n’évoluent, pas le même calvaire que leurs aînés.Concernant l’eau, ce n’est que l’année dernière qu’Azrou a eu son réseau d’AEP. “ Avant, nous descendions avec jerricans et bidons jusqu’a Ighil-Ali pour nous approvisionner en eau.C’était l’enfer ! Maintenant, nous avons notre château d’eau. ça va mieux”, a dit un jeune homme. Côté commerce, une seule boutique ouvre ses portes quotidiennement. Cependant elle demeure loin de satisfaire les villageois qui avoisineraient le millier. Le village subit, malgré tout, quelques “retouches” consistant en de nouvelles constructions. Un nouveau patelin se dessine, peu à peu, en bas, tandis qu’en haut ce sont les anciennes masures séculaires qui “tiennent” tête aux aléas de la nature et au temps. Elles sont habitées pour les unes et désertées pour les autres.
Micipsa Y.
