Depuis quelques mois, la présence des subsahariens, au chef-lieu de wilaya et dans certaines communes limitrophes, se fait de plus en plus voyante. La situation sécuritaire et la famine au Niger et au Mali sont à l’origine de cet exode vers l’Algérie. Plusieurs wilayas du pays ont reçu la visite de ces africains à la quête d’une sécurité alimentaire et physique. À Béjaïa, le nombre de ces réfugiés augmente au fil des jours. Alors qu’auparavant, il n’y avait que des femmes avec leurs bébés qui faisaient la manche sur les trottoirs des différents quartiers de la ville, depuis quelques jours, des adolescents, en nombre, ont investi l’entrée Est de la ville de Béjaïa. Du quartier des « Quatre chemins » jusqu’à la cité universitaire d’Ireyahen, sur près de deux kilomètres, des jeunes Maliens et Nigériens parcourent la RN 9 munis de petites assiettes et demandant l’aumône. « Esserf » est le mot qu’ils lancent aux automobilistes et que ceux-ci comprennent, dans cet axe routier où, avec les bouchons qui se forment quotidiennement, la circulation est toujours lente. Certains mettent la main à la poche, mais tous s’étonnent que cette situation perdure au vu et au su des autorités. « L’Etat doit prendre des décisions. Qu’on les regroupe dans un centre pour les prendre en charge ou les renvoyer chez eux », dira Messaoud, un chauffeur de bus qui fait ce tronçon routier matin et soir. Interrogé à ce sujet, le wali déclarera, à la radio locale, que les chiffres faisant état de 90 Nigériens et 3 Maliens, recensés par les services compétents, étaient maintenant largement dépassés. Il affirmera qu’une cellule, installée au ministère de l’Intérieur, s’est penchée sur ce problème et que ses services attendent la décision ministérielle quant à la conduite à tenir. Ce qui est sûr, c’est qu’une solution doit être trouvée dans les meilleurs délais. Il est vrai que ces réfugiés sont en situation de détresse, mais est-ce aux citoyens algériens de résoudre leurs problèmes ? La charité est néanmoins une vertu, un acte inspiré par l’amour de son prochain. Et après-demain, vendredi 5 septembre, sera justement célébrée la journée internationale de la charité proclamée en 2012 par l’Assemblée Générale des Nations Unies.
A. Gana
