La production de la figue cette année peut être considérée comme la meilleure depuis près d’une quarantaine d’années.
En effet, malgré que le nombre de figueraies ainsi que de nombreuses variétés de figuiers ont disparu depuis des lustres à cause de quelques facteurs, entre autres, la sécheresse, l’abandon du travail de la terre, certains arboriculteurs, dans la basse M’Kira, n’ont pas hésité à demander l’aide de l’Etat pour la replantation de leurs figuiers comme il en est de même pour certains citoyens de la partie haute de ladite localité qui ont bénéficié des projets inscrits dans le cadre du plan de projet de développement rural intégré (PPDRI). Ainsi, cette année, tous les figuiers ont donné le meilleur de ce qu’ils peuvent produire tant en quantité qu’en qualité. Au demeurant, comme auparavant, des dizaines de collecteurs ne cessent, depuis le début de cette saison, de sillonner toute la localité pour approvisionner les marchés des wilayas limitrophes, comme Boumerdès, Alger et Blida. « Depuis toujours, les figues de M’Kira étaient très appréciés par les connaisseurs et les amoureux de ce fruit, notamment dans la capitale où l’information à ce sujet se transmet de génération en génération », nous confie ce jeune collecteur qui ne tarit pas d’éloges sur la qualité des figues de cette année. Pourtant, ces commerçants qui sont toujours à l’affût des opportunités, ne s’embarrassent pas pour fixer leurs prix. « Nous avions cédé nos figues fraîches entre 50 et 70 dinars. C’est les collecteurs qui fixent les prix alors que maintenant pour les figues sèches qui sont vendues à plus de sept cent dinars (700 DA) le kilogramme, on nous propose que deux cent (200 DA) le kilogramme », nous confient plusieurs fellahs de Tamdikt. Pour ces collecteurs, les prix proposés sont tout à fait raisonnables d’autant plus qu’ils n’exigent pas et ne regardent pas la qualité qui est souvent mauvaise d’autant plus qu’ils ne s’attardent pas pour contrôler tous les cageots qu’ils remettent aux fellahs pour les remplir à l’heure convenue pour la livraison. Au demeurant, pour certains de ces arboriculteurs, spécialisés dans cette filière de la figue, la réalisation d’une unité de conditionnement de ce fruit est plus que nécessaire pour prévenir le gaspillage ainsi que les pertes par détérioration. « Il faut que nous ayons une unité de conditionnement de figues ainsi qu’une autre pour la fabrication de la confiture à M’Kira », nous déclarent nos interlocuteurs qui regrettent de même le grand gaspillage des figues de barbarie dont la production est énorme mais qui n’est pas exploitée à sa juste valeur.
Essaid Mouas

