Au moment où d’autres localités profitent pleinement du gaz de ville, des milliers de foyers de la daïra de Chemini sont privés de cette énergie.
De surcroît, la période hivernale est souvent synonyme d’isolement, de désagréments et d’angoisse. La population locale est réduite au rythme des bonbonnes de gaz, et encore, celle-ci devient carrément un produit de luxe dans des moments de crise comme celle vécue en 2012, avec des chutes de neige record. La frustration est palpable tant que chaque approche de l’hiver rime avec les affres et la crainte d’être isolé du reste du monde. Le spectre de l’enclavement, enduré en hiver 2012, a marqué de fer rouge les esprits de la population locale. Il faut rappeler que la wilaya de Béjaïa est l’une des wilayas les moins alimentées en gaz de ville. Le taux de pénétration en gaz naturel ne dépasse pas les 35%. Les habitants les plus touchés par ce retard sont sans doute ceux résidant aux confins de la wilaya. Afin d’y remédier à ces carences, le gouvernement aspire à hisser le taux de pénétration en gaz de ville aux alentours de 60 à 65% d’ici la fin 2014. A fortiori, une cagnotte de pas moins de 890 milliards de centimes était consentie à ces fins et qui s’inscrivait dans le cadre du plan quinquennal 2010/2014. 50 000 foyers étaient concernés par ce programme ambitieux, visant à mettre fin au calvaire qu’endurent ces familles, notamment en période hivernale. Le recours aux bonbonnes de gaz dans ces cas de figure est plus que primordial. Or, le résultat escompté est tout autre. Des milliers de foyers sont en stand-by. Notre passage auprès des services de la DMI afin de s’acquérir de plus amples informations quant au ressort réservé audit raccordement en gaz de ville, le premier responsable de cet organisme affirme que l’étude afférente au projet de raccordement au gaz de ville est bel et bien réalisée. Quant à l’amorce desdits travaux, aucun appel d’offres n’a pas été émis, ce qui laisse entrevoir que la sortie du tunnel n’est pas pour demain. Beaucoup d’encre a coulé au sujet du raccordement au réseau de gaz naturel et la procrastination qui l’entoure ne rassure guère la population locale. Les dernières élections municipales, les différents candidats en lice ont tonitrué la même revendication en tenant le même son de cloche, à savoir l’urgence d’alimenter la commune en gaz de ville. L’alimentation des milliers de foyers en énergie gazière est plus que primordiale. Une lancinante revendication qui ne connaît pas encore son épilogue. Bon nombre de comités de villages n’ont pas hésité à nous confirmer leur ferme attention de recourir à d’autres actions plus radicales, à savoir la fermeture de la route nationale et encore plus, observer des sit-ins devant le siège de la wilaya. « Cela perdure depuis des lustres. À chaque fois qu’on sollicite les autorités concernées, c’est la même rengaine. Ce n’est qu’une question de temps », corrobore un membre d’un comité de village. Au demeurant, à une huitaine de kilomètres du chef-lieu de la daïra, un petit bourg, « Lâazib Touazi », est raccordé au réseau de gaz naturel. La population locale s’estime lésée et délaissée à la fois, sinon comment expliquer le renvoi aux calendes grecques desdites promesses ? D’autant plus que l’isolement et l’éloignement sévissent dans cette région qui ne demande que le minimum vital. La sinuosité et les méandres que présentent les routes menant vers cette localité ne peuvent expliquer à elles seules l’atermoiement des autorités compétentes. À quelques encablures du territoire de la commune de Chemini, certaines localités limitrophes telles que « Bouzeguène », dépendante de la wilaya de Tizi-Ouzou, bénéficie de cette énergie.
Bachir Djaider

