M’Kira : Suite aux dernières pluies – Le chef-lieu, un bourbier !

Certes, les pluies du week-end dernier ont soulagé les agriculteurs qui sont sur le point de lancer les travaux dans leurs champs. Mais elles ont malheureusement provoqué des situations inextricables aussi bien sur le réseau routier que dans les centres urbains où elles ont charrié des quantités énormes de détritus de tous genres à tel point que les avaloirs obstrués n'ont pu "avaler" les énormes quantités d’eau.

C’est le cas du chef-lieu  » Tighilt Bougueni » devenu, en un laps de temps très court, un bourbier où l’on ne pouvait plus marcher.  » C’est vraiment un laxisme total de la part des autorités locales auxquelles, pourtant, nous avons signalé à maintes reprises le retard accusé dans la réalisation de ce réseau d’assainissement? En tout cas, on s’attendait à une telle situation. Même les portes de nos magasins sont bloquées. Et tout ça, les deux jours de l’Aïd », fulminera ce commerçant de la rue principale de ce petit centre urbain. Comme notre interlocuteur, tout le monde était mécontent. Car, non seulement tout est bloqué mais aussi personne n’a réagi pour au moins dégager ces tas de graviers et de mottes de terres charriés par les eaux et entassés le long de la route. Les paroles d’un passant sont plus directes.  » Nous vivons encore à l’ère primitive. Si les colons encore vivants voient cette photo, ils diront qu’il s’agit de Tighilt Bougueni du douar M’Kira », ironisera-t-il. Et de continuer en colère:  » C’est une route d’un kilomètre. C’est comme un couloir. Si vraiment, il y avait de la volonté ils pourraient daller les trottoirs même avec de la dalle de sol. A la veille de l’Aïd, nous avons vraiment vécu une situation apocalyptique notamment après la coupure d’électricité. Trois véhicules ont laissé leurs moteurs dans ce cratère que vous voyez ici ». La responsabilité incombe biensûr à l’entreprise qui a abandonné les travaux depuis belle lurette.  » Ces travaux étaient lancés bien avant l’été. Malheureusement, ils n’ont pas avancé à la cadence voulue, c’est pourquoi, aujourd’hui, nous sommes pris dans ce bourbier », ajoutera un autre commerçant. Et à un autre d’enchaîner:  » Durant toute la saison estivale, nous n’avons eu droit qu’à de la poussière et maintenant c’est le tour de la boue. Heureusement, la météo a annoncé un répit pour au moins cette semaine. Peut-être, les ouvriers communaux interviendront pour dégager ces amas de détritus et nettoyer les fossés en attendant que les travaux reprennent ». Dans ce chef-lieu, l’amélioration urbaine tant promise notamment au lieu-dit  » les quatre chemins » à l’entrée de Tighilt Bougueni jusqu’au CEM Frères Boufateh n’est donc qu’au stade de ces balbutiements. Pour le dallage des trottoirs, ce n’est pas encore le moment d’en parler. Les responsables de l’APC exigent que les entreprises retenues pour les futures opérations soient performantes et expérimentées.  » Nous n’avons pas de chance. Toutes les entreprises retenues par les différentes directions pour les projets de notre commune n’ont pas été à la hauteur. Il suffit de voir le retard accusé dans la réalisation du lycée pour comprendre ce que je veux dire. Presque huit ans, cet établissement n’est pas encore livré », nous confiera une source proche de l’APC. Et de poursuivre:  » Pour ce bourbier dont vous parlez, ce n’est pas notre faute. On ne peut rien faire. Tant que l’entreprise n’aura pas terminé les travaux, nos équipes n’y pourront intervenir. Et puis, il faut savoir que nous n’avons pas vraiment les moyens nécessaires pour y faire face ».

Amar Ouramdane