La ville suffoque !

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Circuler à Aïn-Bessem en voiture ou à pied est devenu un véritable parcours de combattant. à voir l’état de délabrement avancé dans lequel évolue la ville, on a du mal à croire que des institutions et des responsables élus ou désignés veillent au grain. Comment se fait-il, se demandent des citoyens, qu’à la fin du programme quinquennal 2009-2014, qui a vu les pouvoirs publics mettre sur le tapis une impressionnante cagnotte pour un développement tout azimut du pays, Aïn-Bessem, ville centenaire et chef-lieu de daïra, continue à vivre dans un tel marasme, un tel sous-développement et des conditions aussi dramatiques que pénibles ? Une ville qui patauge encore dans la gadoue et respire de pleins poumons la poussière et les odeurs nauséabondes. Aïn-Bessem, depuis belle lurette déjà endure le calvaire des chaussées défoncées et laissées en l’état, des travaux de rénovation du réseau d’eau potable qui s’éternisent et traînent en longueur, occasionnant des tracas et des désagréments insupportables à la population et rendant même l’accès à la circulation impossible en plein centre-ville. Cette ville semble devenir, au fil des mois, un grand douar, où règnent l’anarchie et le désordre. Pour s’en rendre compte, il suffit de constater l’état dans lequel se trouve la place de l’Emir Abdelkader et le marché des fruits et légumes, où tous les trottoirs des ruelles attenantes sont squattés. Aucun trottoir n’est épargné si ce n’est pas les vendeurs à la sauvette, ce sont les commerçants d’en face qui étalent leurs marchandises, obligeant les piétons à se disputer l’étroite chaussée avec les automobilistes et ce, en s’exposant à tous périls. Des endroits réservés au stationnement sont barricadés par divers objets, empêchant, ainsi, les automobilistes de se garer. Chacun semble vouloir imposer sa loi sur la voie publique. Les esplanades des deux mosquées du centre-ville n’échappent pas, non plus, à ce spectacle désolant. Des mendiants déguenillés sont déposés chaque matin par des véhicules particuliers devant l’entrée principale de ces magnifiques édifices de culte. Vieillards, jeunes filles ou enfants, l’essentiel est d’en tirer profit à travers cette pratique, devenue lucrative pour plus d’un. Ce phénomène dépasse tout entendement, le fait de tendre la main pour demander l’aumône ne fait plus rougir de nos jours. Le fléau de la mendicité a atteint, à Aïn-Bessem, des seuils intolérables. Le cœur du centre-ville et la place publique, lesquels représentaient autrefois une référence historique, ne sont plus les mêmes. De la charmante place d’autrefois, avec ses cafés et ses belles terrasses, Il n’en reste plus rien. Une foule compacte de badauds apathiques et désœuvrés, qui paraissent perdus, occupe en permanence cet espace. Les femmes et les jeunes filles ne s’aventurent plus à traverser la place au milieu de ce beau monde qui les «déshabille» du regard. Cette situation n’est pas du goût des riverains. Tous ceux qui ont bien voulu nous en parler pointent du doigt les autorités locales. La ville étouffe ; elle est en « surcharge » et mérite plus d’attention, estiment-ils.

O.K

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