Un expert océanographe français disait : « On parle de pollution atmosphérique, acoustique, etc. En réalité, il n’y a qu’une seule pollution : La pollution marine qui est la somme mathématique de toutes les pollutions ». A-t-il tort ou a-t-il raison ? Ce sont les deux questions que nous allons tenter d’expliquer par le biais de notre enquête à travers les différentes cités de la capitale des Hammadites, lesquelles semblent être le cadet des soucis des chargés du volet « environnement ». En effet, la question de la dégradation de l’environnement, notamment par la pollution, a été soulevée à maintes reprises, afin de tirer la sonnette d’alarme sur la situation qui prévaut ces dernières années dans la wilaya de Béjaïa et qui, sans être tout à fait dramatique, demeure réellement un problème préoccupant. Il y a lieu de signaler la pollution de la mer par les déchets des usines comme c’est le cas au niveau de « Oued-Soummam » devenu, par la force du temps, une véritable conduite de tous les « déchets » domestiques (eaux-usées) et industriels des régions de Tazmalt, Akbou, Sidi Aïch, El Kseur, Oued Amizour, Oued Ghir et Bgayet, ou encore plus loin de Bouira et de Oued Bousellam dans la wilaya de Sétif. Pour se rendre compte de l’ampleur et de la gravité de la situation, il suffit de jeter un coup d’œil au rivage de « Béjaïa-Plage », à proximité de « Skala », jouxtant l’aire des loisirs « Sonatrach » pour constater avec beaucoup d’amertume que l’eau est polluée avec ces ordures déchargées abusivement dans la nature, au mépris des règles élémentaires de la protection de l’environnement. Dans cette partie de la mer, devenue un véritable déversoir au grand dam des mordus de la pêche, les poissons sont menacés à jamais par la pollution des eaux qui ne cesse de frapper de plein fouet toutes les espèces qui essayent de survivre dans le coin, où malheureusement le feuilleton n’est pas prêt de connaître son épilogue. En outre, il est aberrant de remarquer que des prélèvements aveugles s’opèrent au sein de la masse vivante à travers beaucoup de zones du littoral bédjaoui à l’instar de celle de Tichy, d’Aokas, de Souk El Tenine et de Melbou avec l’utilisation des barques et des filets pour le « raclage » des petits poissons « alevins ». Devant cet état de fait qui ne cesse de défrayer la chronique, des pêcheurs à la ligne que nous avons pu questionner, nous ont fait savoir avec stupéfaction, que beaucoup de filets de 200 à 300 mètres de long, sont quotidiennement tendus dans la mer à quelques encablures de la rive entre Melbou et la coquette station balnéaire Aokas. A tout cela s’ajoute la prolifération des « huileries » et des « stations de lavage-graissage » qui déversent leurs eaux sans aucune inquiétude et l’exemple de celles implantées aux abords des oueds toujours alimentés, à l’instar de « Oued Zitouna », d’Aokas ainsi qu’au niveau du grand « Oued Agherioune » à partir de Kherrata, illustre parfaitement l’agression préméditée de l’environnement devant le clin d’œil des services compétents (s’il existent ?) »Si ce braconnage marin persiste, le poisson qui est, aujourd’hui, très rare est appelé à disparaître », nous a déclaré avec désolation un pêcheur de la région. La mer n’est donc plus ce qu’elle était, elle a fini de faire rêver les poètes, puisqu’elle bouleverse à présent les économistes, les juristes et tous les esprits sensibles à sa dégradation. Il est grand temps de mettre un « dispositif » juridique très « sévère » et des moyens matériels et humains capables de mener toute action devant interdire les déversements en mer, susceptibles de porter atteinte à la santé publique ainsi qu’à la faune. Enfin, la nature (l’environnement, les mers), a une santé qu’il faut à tout prix préserver contre les maladies pouvant la contaminer et qui sont « une œuvre humaine type ». Alors pensons ensemble à une solution adéquate et tentons de nous situer par rapport à « ces familles qui avancent », dont parlait feu Tahar Djaout.
Enquête de Rabah Zerrouk
