Des habitants du village Sahel, relevant de la commune côtière de Melbou dans la daïra de Souk-El-Tenine, ont procédé, hier, pour la deuxième journée consécutive à la fermeture de la RN 43 qui relie la wilaya de Béjaïa à celle de Jijel.
Le blocage de cet axe important a créé l’immobilisation d’une file interminable de véhicules dans les deux sens de la circulation. Et parmi les usagers de cette route, il y a sans doute des malades à transporter de toute urgence à l’hôpital, des voyageurs qui doivent prendre leur avion pour l’étranger, des personnes qui ont des rendez-vous importants pour négocier des contrats ou pour un entretien d’embauche entre autres. Il y a aussi des camions de gros tonnage qui doivent enlever des marchandises au port pour les livrer à des entreprises, des livreurs de toutes sortes de denrées qui approvisionnent les supérettes. Mais ce qui compte pour les protestataires du village de Sahel, c’est d’abord de voir les autorités prendre en charge leurs problèmes quitte à causer des désagréments pour leurs concitoyens. Quant à leurs revendications, elles sont communes pratiquement à tous les villages de la wilaya, voire même du pays, c’est-à-dire demander l’amélioration de leurs conditions de vie. Par cette action musclée, ils réclament des autorités concernées l’amélioration de leur réseau d’AEP, la réfection de la route du village, la réalisation d’abrisbus, le branchement du village au réseau de gaz de ville et à celui d’internet. Le responsable de l’APC dont ils relèvent, déclare que la plupart des revendications des villageois comme l’eau, le gaz ou l’internet, si légitimes soient-elles, sortent du cadre des prérogatives de la commune. Mais si des actions aussi brutales et aussi perturbantes pour la population, comme celle du village de Sahel sont nombreuses et presque quotidiennes dans la wilaya, cela prouve une chose, du moins dans certaines localités, que le dialogue et la communication sont rompus entre les autorités et la population. On est, en effet, loin du temps où une simple lettre écrite par des citoyens aux services concernés suffisait à régler le problème soulevé. Après un temps donné les lettres devenaient inopérantes, les citoyens, pour trouver des solutions à leurs problèmes, sont passés à l’envoi de délégations de villageois aux autorités. Et comme cette pratique est devenue, à son tour, aussi inefficace que les lettres, les citoyens, pour se faire entendre, ont recouru à des moyens plus radicaux comme entre autres, le blocage des routes à grande circulation, la fermeture des sièges d’APC ou de daïra. Certains vont même jusqu’à assiéger la wilaya ou à organiser des marches le long des grands boulevards.
B. Mouhoub

