Bien que la ville de Draâ El-Mizan ait une population de plus de vingt mille habitants dont la majorité sont des jeunes, force est de constater qu’elle enregistre un grand manque en matière d’infrastructures.
Il n’y a qu’un seul terrain de football pour les deux équipes de football ( ESDEM et EDEM ) , sans compter les jeunes catégories, sachant que ce stade abrite aussi les matches des autres clubs de la région. » Nous peinons à trouver un créneau horaire pour effectuer les entraînements. Le stade est saturé. Les jeunes catégories souffrent énormément. Est-ce que réellement , on peut programmer les minimes dans ce terrain qui manque d’éclairage à partir de dix-sept heures ? », s’interrogera ce cadre sportif. Quant aux jeunes des différents quartiers, ils n’ont aucune aire de jeux digne de ce nom où ils peuvent se décompresser en jouant des rencontres inter quartiers. La seule qui existe est située à proximité du lycée Ali Mellah en contre bas de la cité des 64 logements, mais elle est laissée à l’abandon surtout ces derniers jours puisque elle est inondée par des eaux dévalant du lycée. » Elle est impraticable. Où iront nos jeunes? Ils n’ont aucun autre lieu, même la salle omnisports endommagée par la neige en 2005 n’est pas encore reconstruite », nous apprendra le président de l’association des 64 logements qui se démène dans tous les sens pour obtenir l’aménagement de cette aire de jeux ô combien indispensable. Selon ce président, l’APC a accordé une enveloppe de trois cent neuf millions de centimes, somme qui reste tout de même insuffisante pour sa prise en charge entièrement. » Selon la fiche technique, il y aura des caniveaux pour le drainage des eaux et trois murs de soutènement sous forme de U. Il n’y aura ni son revêtement ni encore moins les bois et la clôture. Comme si elle n’était pas prise en charge », ajoutera le même interlocuteur. Ce président se demandera pourquoi ailleurs de telles structures sont même revêtues en tartan et celle-ci ne bénéficie même pas de tuf. » En tout cas, nous exigerons du gazon synthétique. Il n’est pas question qu’elle le soit en tuf », fulminera notre interlocuteur. Tous les jeunes rencontrés sur place et qui attendent leur tour de jouer sont du même avis. D’autres responsables d’associations de quartiers et de cités se rencontrent pour mener une action commune et revendiquer la pose du tartan sur cette aire de jeux. » Il faut que les responsables la prennent en charge comme il se doit parce qu’à l’avenir avec la réalisation de la piscine de proximité et la reconstruction de la salle omnisports, on pourra avoir ici un mini-complexe sportif », estimera de son côté un autre cadre sportif. Devant ce manque criant en matière de structures sportives, les jeunes sont exaspérés et sont souvent livrés à des vices aussi ravageurs que dévastateurs. » Depuis que la salle omnisports a été endommagée, puis abandonnée, nombreux sont les sportifs qui ont quitté même la région pour aller s’installer ailleurs. Il n’y a plus d’activités sportives comme avant. Au lendemain de la mise en service de cette salle que vous voyez, il y avait des centaines de jeunes qui s’y entraînaient dans différentes disciplines. Aujourd’hui, voilà ce qui reste de cette salle. Il n’y a que les gradins. On dirait une relique du passé », dira ce sexagénaire qui se lamente devant cette situation qui s’éternise.
Amar Ouramdane

