Au moment où l’Etat s’est attelé partout dans les grandes villes, à mettre en place toutes les commodités d’utilité publique pour réduire les contraintes que rencontrent les citoyens, aucune d’entre elles ne fonctionne normalement à M’Chedallah.
Effectivement, l’Etat a mis en place pratiquement toutes les commodités d’utilité publique pouvant rendre la vie paisible aux citoyens, notamment les voyageurs, les visiteurs ou ceux effectuant des déplacements loin de chez eux et ce, par le renforcement des moyens de transport, l’amélioration des circuits de desserte, l’installation d’abris-bus et de panneaux indicateurs et d’orientation,… A M’Chedallah par contre, aucune commodité ne fonctionne normalement si celle-ci existe encore. En effet, même les toilettes publiques, qui sont indispensables à l’intérieur du périmètre urbain du chef-lieu de la daïra, sont inexistantes. Celles qui ont le plus à souffrir de cette absence de toilettes publiques sont, sans conteste, les centaines de femmes affluant quotidiennement vers la ville de M’Chedallah, où sont concentrés les services administratifs entre l’ancienne et la nouvelle ville, venant des villages éloignés à travers les six communes de la daïra ou celles qui ne sont pas de la région venant rendre visite à leurs proches, hospitalisés dans l’hôpital de M’Chedallah. Ces malheureuses femmes, ne trouvant nul endroit approprié pour se soulager, sont contraintes de prendre leur mal en patience ou chercher un coin discret pour « se libérer » et satisfaire leurs besoins naturels furtivement à l’air libre et ce, avec toutes les retombées que cela engendre sur l’environnement et leur propre hygiène. L’APC a sommairement aménagé deux toilettes au niveau de ce qui est dénommé exagérément agence de voyageurs, non aménagée toujours, toutefois, cet équipement, d’abord en périphérie de l’ancienne ville, est hors de portée de ceux qui se rendent aux services administratifs éparpillés aux quatre coins de la nouvelle et l’ancienne ville, mais aussi, qui est loin d’assurer l’indispensable discrétion. Aucune femme n’oserait rentrer dans ces toilettes, dont les portes individuelles donnent directement sur la chaussée, au regard des centaines de voyageurs qui peuplent de manière discontinue cet espace. Il est force de constater que ce ne sont pas les espaces qui en manquent pour «éliminer» cette contrainte majeure. Le jardin public en face de l’hôpital, par exemple, peut accueillir ce genre d’équipement, d’autant plus que ce dernier ne nécessite pas beaucoup de surface. Dix mètres carrés suffiront, en effet, pour mettre fin au calvaire des visiteurs du chef-lieu. Un autre espace inexploité en face du lycée Ibn Badis pourrait bien recevoir autant de toilettes publiques qu’on voudrait. Cela pour ne citer que les endroits, où elles peuvent être aménagées rapidement, sachant que cet équipement qui est d’une grande utilité pour les citoyens ne nécessite pas de gros moyens financiers. Quant aux abris et arrêts de bus, la réglementation des horaires des départs ou des navettes entre le chef-lieu de la daïra et les agglomérations éloignées, notamment celles des communes de montagne, telles que Saharidj ou encore Aghbalou, ils représentent une autre paire de manche, avec l’anarchie totale qui y règne. Un service public non moins névralgique qui se fait au gré de l’humeur des exploitants selon leurs propres intérêts et qui nécessite une réorganisation totale mais, surtout, un contrôle et un suivi permanents.
Oulaid Soualah
