Arrivés en masse dans la wilaya de Béjaïa, à l’instar d’autres régions du pays, depuis déjà quelques mois, les migrants subsahariens, ayant fui la guerre, la famine et la misère sévissant ces derniers temps dans leurs pays, sont livrés à eux-mêmes. Installés anarchiquement sous des tentes de fortunes ou des gourbis à proximité de chantiers et des usines, ces migrants s’adonnent quotidiennement et partout à la mendicité. Munis de leurs petits récipients ou assiettes, ils quémandent l’obole sur les trottoirs, dans les cafés, à l’extérieur des mosquées et sur les axes routiers connus pour leurs bouchons. Bref, ces migrants subsahariens sont visibles partout, tant au centre-ville que dans les régions périphériques, que leur situation nécessite une prise en charge sérieuse. D’ailleurs, beaucoup de citoyens ont exprimé leur inquiétude et malaise devant cette situation. « Normalement l’Etat doit les regrouper dans un endroit précis et subvenir à leur besoin. Voir ces migrants faire la manche partout et dormir dans des camps de fortune au chef-lieu de wilaya, c’est vraiment malheureux et insupportable », a indiqué un citoyen de la ville de Béjaïa. D’autres personnes craignent un risque de propagation de maladies. « Les pays d’où viennent ces migrants sont connus pour être le vivier de beaucoup de maladies contagieuses. Je me demande si les autorités ont effectué un contrôle médical à ces personnes lorsqu’elles sont entrées au pays », s’inquiète une femme de la commune de Béjaïa. Par ailleurs, l’association ‘’Jeunesse algérienne d’avant-garde’’ qui lutte contre les fléaux sociaux, ainsi que la ligue algérienne des droits de l’homme, bureau de Béjaïa, ont saisi les autorités locales pour exiger une prise en charge concrète de ces migrants, conformément au droit international. « L’Algérie a offert l’asile à des réfugiés de guerre, subsahariens et syriens, sans aucune politique d’encadrement, ce qui a créé une situation dramatique pour les réfugiés et la population algérienne. Ce problème dure depuis des mois et risque d’engendrer des complications graves », s’alarme la LADDH, dans une déclaration, appelant à un rassemblement, aujourd’hui, devant le siège de la wilaya « afin de dénoncer l’abandon des pouvoirs publics de ses réfugiés de guerre et exiger des réponses appropriées à cette problématique ». Contactée par nos soins, une source de l’APC de Béjaïa nous informera qu’une commission de suivi a été installée par le maire en vue de suivre la situation de ces migrants. Par ailleurs, nous apprenons de la même source que l’APC de Béjaïa et le wali ont pris la décision de regrouper ces migrants subsahariens dans un camp de toile au niveau de la plage Saket, sise à 40 km à l’ouest de la ville de Béjaïa. « L’APC de Béjaïa est en train de préparer le camp de toile de Saket pour y installer tous les migrants subsahariens. Nous disposons de quelques 80 tentes pouvant abriter, chacune, six individus. Dès que nous terminons avec la logistique, nous procèderons à l’évacuation de ces migrants vers ce camp de toile », nous expliquera notre source. Dans un autre chapitre, la LADDH, bureau de Béjaïa, qui estime le nombre de ces migrants subsahariens à 2500, demande aux autorités compétentes « de recenser tout les réfugiés, de leur définir un statut et de leur accorder tous les droits universels et fondamentaux, tels que l’école et la santé ».
Boualem Slimani
