Tracé du dédoublement de la voie ferrée Béni Mansour-Béjaïa – Le niet des citoyens

L’auberge Mimosa d’Ighzer Amokrane a abrité, dans la journée de samedi dernier, une conférence centrée sur le projet de dédoublement de la section de la voie ferrée comprise entre Béni Mansour et Béjaïa.

Le rendez-vous a été organisé à l’initiative de l’association de défense des intérêts des citoyens et des opérateurs et industriels de la Soummam, créée il y a près de huit mois. Ouvrant le bal des interventions, M. Aït Braham Khoder, le président de l’association, a d’emblée et sans ambages tranché dans le vif, en exprimant son niet aux deux variantes du tracé proposées par les pouvoirs publics. « On ne peut pas accepter un projet qui conduirait au déracinement des gens et qui porterait une grave atteinte à l’économie», a-t-il asséné avant d’enchaîner : «Nous ne sommes pas contre le développement, mais il y a des moyens pour faire passer ce projet sans dégâts». L’orateur a indiqué au passage que l’organisation qu’il préside compte des adhérents dans 5 communes, à savoir Tazmalt, Akbou, Ouzellaguen, Souk Oufella et El Flay. Il a révélé en outre que pas moins de 400 oppositions au projet ont été enregistrées dans la seule commune d’Ouzellaguen. Lui emboitant le pas, un membre de l’association, citant le Journal officiel n° 62 du 14 novembre 2012, a informé que le passage du projet engloutira 351 ha de terres privées relevant du territoire de la wilaya de Béjaïa et 27 ha appartenant à la wilaya de Bouira. Dans la foulée, le conférencier fera savoir que la concrétisation du seul tronçon de la nouvelle voie ferrée, situé entre Tazmalt et Sidi Aïch, nécessitera la démolition de 1300 habitations, 5 cimetières, 2 CEM et une mosquée. Cela, souligne-t-il, en sus du sacrifice de 24 unités de production employant un potentiel de 8000 ouvriers. Prenant le relais, deux autres membres de l’association ont monté en épingle l’existence d’une servitude de 35 m de large, à même d’accueillir le projet. Ils ont aussi dénoncé «le mépris» des autorités et «l’absence d’interlocuteur». Pour étayer leurs assertions, les communicants ont rappelé que «deux lettres ouvertes ont été adressées au Président de la république et une requête au wali», sans pour autant avoir un quelconque retour d’écoute à ce jour. Pour sa part, un citoyen de Tazmalt touché par le projet s’est dit interloqué par «la hogra et le fait accompli», dont ont fait preuve les autorités à leur endroit. «Nous refusons d’être spoliés de nos oliviers, lesquels représentent notre identité clame-t-il, sur un ton courroucé. «Nous demandons une commission d’enquête technique», revendique enfin M. Aït Braham, qui a affiché la détermination de l’association à faire feu de tout bois et à user de tous les moyens coercitifs légaux et pacifiques, pour obtenir gain de cause. D’ores et déjà rendez-vous a été pris pour un rassemblement pacifique de concertation, le 20 décembre, à Ighzer Amokrane.

N. Maouche