La radio secrète algérienne racontée à Bouira

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La radio régionale de Bouira a célébré, durant la matinée d’hier, le 58ème anniversaire de la création de la radio «La voix de l’Algérie combattante», la première radio algérienne, qui émettait à partir des frontières algéro-marocaines à partir du 16 décembre 1956.

À cette occasion, une rencontre-débat a été également organisée au niveau du siège de la radio. Une rencontre qui a regroupé les correspondants de presse de la wilaya, les responsables locaux ainsi que des représentants de l’organisation nationale des Moudjahidine. Ainsi et après la traditionnelle minute de silence, les présents et au fil de leurs interventions ont relaté les différents faits historiques qui ont conduit les responsable historiques de la guerre de libération à la création de la première radio algérienne. Pour les conférenciers, la propagande française, notamment à partir de 1956, a également incité les responsables historiques à mettre en place une stratégie de communication ainsi que des outils de communication au service de la révolution, mais aussi afin de contrecarrer la propagande française qui avait comme seul objectif la désinformation et la démobilisation des algériens. Ainsi et après le journal «El-Moudjahid», le premier outil de communication de la révolution algérienne, le congrès de la Soummam, tenu au mois d’Août 1956 à Ifri Ouzelaguen dans la wilaya de Bejaïa, a tranché dans l’une de ses résolutions, pour la création d’une radio algérienne. Pour les congressistes, la mission de création d’une radio n’était guère une tâche facile. Le blocus français ainsi que le manque de moyens de coordinations avait poussé les responsables du FLN à installer la première antenne algérienne dans un pays voisin, le Maroc en l’occurrence, au mois de septembre 1956. Un effort appréciable auquel ont contribué activement d’ailleurs des militants du FLN, à l’image de Zohir Iheddadden, Aissa Messaoudi, Mohammed Hadj Hamou et Abd Rahman Iwen. Ces derniers, et grâce à de grands sacrifices, ont réussi à mettre en place une série d’émissions et avec les quatre dialectes, qui constitue l’identité linguistique algérienne de l’époque (Français, Tamazight, Arabe classique et dialectal). Engagé dans une véritable guerre médiatique et psychologique, cette jeune radio a réussi, en un laps de temps, à susciter le courroux des militaires français, qui ont essayé à plusieurs reprises, de «neutraliser» cette radio. Après plusieurs tentatives, l’aviation française, a réussi finalement, à localiser le camion émetteur et à le neutraliser sur le sol marocain. Malgré cette perte importante, les gérants de la radio ont réussi à remettre sur rail leur projet. 14 mois seulement après, la radio secrète algérienne, a émis à partir de Tunis. Plusieurs pays ont accueilli par la suite, la radio, grâce notamment à la mobilisation de la délégation extérieure du FLN, à sa tête Hocine Aït-Ahmed et Mohammed Boudiaf. Nonobstant sa petite portée, à travers la vision des historiques de la Révolution, à leur tête feu Abane Ramadhan, un capital d’expérience et de savoir-faire, a été mis à la disposition des institutions officielles de la république algérienne, quelques années plus tard.

O.K.

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