Azazga, un continent en concentré

« Kabylie mon beau pays, Azazga c’est mon village. Je n’ai jamais oublié les enfants de mon âge.  » Chante admirablement Mazouni. Ce célèbre artiste originaire de la localité a choisi le village d’Azazga appelé aussi Iazouguene pour symboliser la magnificence de la région, l’enthousiasme de sa superbe jeunesse et l’épopée de son histoire. La charmante ville d’Azazga est implantée à la lisière d’une vaste forêt dense adjacente du massif montagneux fortement boisé de l’Akfadou. Son emplacement panoptique et belvédère sur le contre fort, du Mont Aït-Bouhini. Yakouren lui permet de dominer l’immense vallée du Sebaar et la chaîne de montagnes qui l’encercle. L’anneau formé par la chaîne de montagnes est uniquement entrecoupé par le passage de l’oued Sebbaou à Boubhir à proximité des sympathiques villages d’Ifigha, Aït-Issaad et Illoula et plus loin aux contours des djebels Sidi-Vallois de Tizi-Ouzou et de Makouda. Située à 140 kilomètres de la capitale, Azazga est distante de moins de 100 kilomètres des villes de Bedjaïa et de Bouira. Croisée par deux importantes route nationales Est-Ouest et Nord-Sud. On peut rejoindre toutes les villes de la Kabylie et rallier toutes les régions d’Algérie directement sans aucun détour avec plusieurs variantes d’itinéraires. En moins de deux heures, on peut regagner par véhicule Alger, Bédjaïa et Bouira et en moins d’une heure les belles plages de Tigzirt et d’Azzefoun ainsi que la fameuse station des eaux thermales de Hammam Salihine d’Assif-El-Hammam Adekar. En partie dissimulée dans une importante végétation où sont entremêlés oliviers, figuiers, arbres fruitiers et jolies maisons couvertes de tuiles rouges. Azazga a sous le regard, à la fois les fantastiques villages parsemés à travers l’étendue de la vallée jusqu’aux confins de l’oued Sebaou (Fréha-Timizar- Kahra – Imzizvou – Tamda – Chaieb – Ouaguenoun – Taboukert – Guarkik) – l’unité électro-industrielle de Bouzarzour ainsi que les majestueuses villes agréablement perchées sur les cimes et les versants des montagnes qui l’entourent. (Aïn-El-Hammam – Larbaâ – Naït-Irathen – Beni-Douala – Makouda – Boudjimaâ – Iflissen – Aghrib – Tamaasit. ) Au contrebas de ces hautes montagnes d’autres villages construits entre des monticules et des mamelons, notamment Imsouhal – Souamaa – Aït-Zellal – Aït-Khelili – Mekla – Tizi-Rached – Taghercift – Tala – Tegaha – Djemaa – Saaridj, localité natale du regrette Aïssat Idir, nous offrent des vues imprenables. Même la ville de Tizi Ouzou chef-lieu de wilaya enfouie entre les montagnes montre jalousement ses quartiers Est jusqu’à la zone industrielle de Oued-Aïssi. Juste en face, au dessus d’elle, Azazga contemple de près le pittoresque pic Tamgout maritime qui s’élève au milieu d’une grande forêt verdoyante abritant une faune très variée. Ce haut sommet forestier, volcan endormi, prive la ville d’Azazga d’une vue sur la mer et l’empêche d’apercevoir les magnifiques villages édifiés sur l’autre versant autour d’Azzefoun, Taguemount – Gaavache – Tidnimine – Iachouva – Tifrit – Aït-Aissi – Ivesekrienne, localité d’où est originaire le regretté chahid Didouche Mourad. Fort heureusement, le Pic Tamgout de forme piramidale laisse, passer par ses flancs, l’air marin et la brume qui contrebutent en été le sirocco du sud, en hiver les vents glacés du djurdjura et tempérent le climat. Tamgout embellit la forêt d’Azazga – Yakouren et ses merveilleuses fontaines fraîches très connues pour leur eau exceptionnelle. La présence de groupes de singes sur les lieux, familiarisés à l’homme, augmente le charme de ce site touristique de renommée internationale. Youkouren et ses villages sont d’une beauté extraordinaire, sa station climatique est un rêve. Et dire que ces montagnes ont été souvent sillonnées par des héros de la révolution tels que krim Belkacem, Abane-Ramdane, Ouamrane, Didouche Mourad, Ben-kheda, Abderahmane Mira, Si Nacer, Saïd Yazouren, Ahmed Zaïdat et autres. Leur image restera gravée à jamais sur ces montagnes. A l’horizon, et plus loin au sud, Azazga découvre l’autre pic « Tamgout des montagnes, un des plus hauts sommets d’Algérie qui s’éleve au dessus du massif souvent enneigé du Djudjura. Face à son frère jumeau « Tamgout maritime », ce point culminant pittoresque dénommé aussi « Lala-Khadidja » surplombe non seulement la Kabylie profonde, Tassaft, Benni-Yenni, les Ouacifs, les Ouadias, et la vallée de la Soummam, mais aussi presque toute l’algérie. La chaîne des montagnes du Djurdjura fief de l’héroïne Lala Fatma N’soummer, protège en été la vallée et la ville d’Azazga des vents du sud et les alimente en eau par l’oued Sebaou. Les braves et courageux fellahs des villages riverains, Rabta – Fliki – Tinessouine- Aït-Ali – Iguer – Touil – Ouarkik -sont soulagés par cette denrée rare pour abreuver leurs animaux et cultiver leurs jardins, les châteaux d’eau de la ville d’Azazga sont alimentés à partir de cet endroit vital. L’eau de source, pure, de première qualité ramenée autrefois de la forêt par gravitation pour alimenter la ville, ses bassins, ses fontaines, aujourd’hui disparus ne sont qu’un lointain souvenir. La nuit, le paysage féerique aux différents contrastes qui environnent la ville d’Azazga s’éclipse et laisse place à un nouveau décor. Le panorama nocturne ressemble à la mer et les villages ensevelis par l’obscurité laissent apparaitre l’éclat de leurs lumières semblables à des bateaux en rade. les scintillements des lumières des villages perchés sur les montagnes et leurs contreforts, berceaux de chikh Mohand Ouel Hocine et du grand poète Si Moh Ou M’hand, sont en harmonie avec les étoiles et prolongent le ciel. On a l’impression que le firmament descend avec ses astres sur la terre et son pourtour lumineux brille à l’horizon. Parallèlement à ce paysage paradisiaque la coquette ville d’Azazga est dotée d’un plan d’urbanisme génial. Tracé ingénieusement sur un terrain relativement plat, légèrement en déclivité, provenant du séquestre colonial après la bataille d’Iazouguene avec le Maréchal Randon. L’agglomération bénéficie d’un plan d’aménagement digne d’une ville suisse. Les allées bordées d’arbres, de larges rues aux différentes formes géométriques, des placettes bien conçues. Les jardins publics et le square avec ses plaqueminiers et ses palmiers sont un véritable chef-d’œuvre. L’infrastructure administrative a été judicieusement distribuée à travers les quartiers pour mieux répartir la population et permettre l’occupation rationnelle de la ville. L’agglomération est positionnée au milieu d’importants villages ancestraux et des faubourgs qui les entourent, Tadert, Ighil – Bouzel, cheurfa – Tinekichte – Hendou – Tachrouft – Aït-Bouada – Ighil – Ikerouane – Tizi-Bouchene -Tirsatine – Boubroune – Iguer – Touil – Imejrourade – Tinessouine – Fliki – Ouarkik – Rabta – Ath-Ali – Taazibt – Tazagharte – Agouni – Guizène – Imlel, Aït-Bouhini. Ces prodigieux villages bouclent la ville et constituent sa banlieue. Ils s’intègrent d’une manière cohérente avec le centre-ville et incorporent sans aucune contradicion la vie rurale à la vie urbaine. Dans presque toutes les cités, sont édifiées de belles mosquées. A cheurfa il existe une Zaouia – école coranique – de grande renommée. Des saints comme Sidi Bahloul – Sidi Ahmed Ou Lahbib – Si Mohand Saïd Ath Amokrane – Sidi Ahmed Afassi, Sidi Ahmed Ahgerbi et autres lieux saints comme Laabad et Imlel sont vénérés par la population. Ces saints personnages ont laissé en héritage l’enseignement du Saint Coran et nous ont inculqué les valeurs de l’Islam, les vertus de la sagesse et de la tolérance. Ils nous gratifient de leur baraka qui nous aide à surmonter les problèmes de la vie. Chef-lieu de daïra, la ville d’Azazga carrefour stratégique, rayonne au milieu de quatre (4) chefs- lieux de commune, Zekri – Fréha – Yakouren- – Ifigha et au centre de trois (3) chefs-lieux de daïra, Bouzeguene – Azzefoun – Mekla, ainsi que la localité d’Assif-El-Hammam qu’elle a toujours adopté. Précédemment tutelle administrative, la ville d’Azazga a toujours donné son sein à ses contées avoisinantes avec lesquelles elle forme une seule entité. Présentement, elle leur ouvre pleinement son cœur. A leurs tours, elles la considèrent comme leur ville mère et participent activement à son progrès. La daïra d’Azzefoun est en bordure de la mer, celle de Mekla borde l’oued Sebaou, quant à la daïra de Bouzeguène et ses magnifiques villages – Idjeur – Ighraiene – Ighraïene – Moknéa – Tifrit jusu’à Mhaga, elle est flanquée au pied de l’Akfadou, PC des héros prestigieux, colonel si Amirouche et Si mohand Ouel Hadj. Bouzeguène est également limitrophe avec Ifri, haut lieu historique de la révolution où s’est tenu le congrès de la Soummam le 20 Août 1956. Dotée d’une position géographique, géopolitique et historique, stratégiques avec une activité économique, sociale et commerciale intenses, Azazga centre urbain névralgique mérite de devenir éventuellement siège de wilaya au prochain découpage administratif. Si Azazga et sa région ont la chance de se trouver géographiquement au centre de la Kabylie avec des portes ouvertes dans tous les sens en direction de tout le pays, elle a aussi le bonheur et le privilège d’être habitée par une population digne et honorable. L’ensemble des merveilleux villages de la région d’Azazga pratiquement autonomes sont démocratiquement gérés bénévolement par des comités de sages, dignes de ce nom. Totalement désintéressés, intégres et justes, ces honorables sages débordent de qualités morales, d’humilité et de noblesse. Jouissant de la confiance des citoyens, ils sont animés d’un esprit de sacrifice inimaginable. Ils ne ménagent aucun effort pour apporter paix, concorde, sérénité et entraide sociale aux populations de leurs villages respectifs. Ils enseignent à la jeunesse le patriotisme, les valeurs de l’Islam, la tolérance, le respect d’autrui, la solidarité et contribuent à son épanouissement et sa formation spontanée à une meilleure organisation sociale. Pétrie par l’héritage patriotique et la sagesse ancestale, la jeunesse de la région a participé corps et âme à la lutte contre l’envahisseur français en 1875. Depuis, des hommes comme Arezki L’Bachir Amar Oumerai et autres avec le soutien de la population n’ont cessé de se révolter contre l’occupant. A l’instar de tout le pays, le 1er Novembre 1954 à été déclenché à zéro heure à Azazga ville. Durant la lutte de Libération, des milliers de chouhada sont tombés héroïquement au champ d’honneur. Parmi eux des héros d’envergure nationale. Aujourd’hui, leurs enfants dignes, nobles et courageux portent toujours le flambeau de la partie. Avec les vaillants moudjahidines, ils représentent notre fierté et notre orgueil. Dignes héritiers de leurs ainés, les jeunes aujourd’hui luttent pacifiquement pour la liberté, la démocratie, la reconstruction du pays et ne reculent devant aucune charge, allant jusqu’au sacrifice suprême. De brillantes et éminentes personnalités de toutes tendances politiques ont émergé pour le bien de l’Algérie, de la dimocratie et du respect des droit de l’Homme. La région d’Azazga a offert au pays d’éminentes célébrités dans le domaine politique, culturel, sportif et autres dont le talent dépasse les frontières. Des stars, des chanteurs, des écrivains, des musiciens, des artistes, des comédiens, des cinéastes, des peintres, des poètes, des acteurs et des sportifs de haut niveau dans toutes des disciplines ont porté haut et fort le prestige de l’Algérie et honorent grandement notre localité. Ville accueillante et hospitalière, Azazga s’est développée considérablement grâce à l’effort des citoyens. La ville a connu une grande extension d’une manière harmonieuse. Les habitant très connus pour leur civilité, leur disponibilité, leur générosité et le respect d’autrui ont largement contribué à son épanouissement. Les commerçants sont réputés pour leur esprit loyal, leur amabilité et leur serviabilité,loin de tout mercantilisme. Les agriculteurs, les éleveurs, les artisans, les travailleurs donnent le meilleur d’eux-même et ne sont pas tentés par la triche ou la pratique viciée. L’huile d’olive à Azazga est toujours vendue pure. Les possédants sont généralement humains et participent honorablement à l’entraide sociale en toute modestie. Si l’ensemble des commerçants méritent des louanges, les cafetiers, les gargotiers et les restaurateurs méritent des honneurs. L’art culinaire à Azazga est inégalable à travers tout le pays. Leur savoir faire est un véritable délice qui fait revenir passagers et visiteurs. Dommage que les pouvoirs publics n’ont pas suivi le rythme. Depuis l’Indépendance, leur activité dans le développement est nettement insuffisante sinon nulle. En dehors des réalisations de l’éducation nationale et de la santé comme à travers l’ensemble du pays les équipements publics demeurent presque ceux d’avant l’Indépendance. Le tribunal d’Azazga à l’exception de quelques aménagements est celui qui a été attaqué par nos moudjahidines, le 1er novembre 1954 à zéro heure. Les locaux de la daira ont été construits par l’administration coloniale à la fin du 19ème siècle après l’invasion du maréchal Randon. De même pour les locaux de la poste et des contributions diverses. L’immeuble de la mairie est un véritable labyrinthe abandonné pour incommodité par la kasma FLN pour devenir ensuite siège de l’actuelle APC. Il n’existe aucune salle des fêtes, de cinéma, de bibliothèque, de jeux, aucun centre culturel, aucune piscine. Les réunions publiques se tiennent dans des salles de classe des écoles ou des lycées parfois au détriment des élèves ou alors à l’ex-église. Les autorités viennent et reviennent pour se faire applaudir et repartir sans pour cela se soucier de renouveler l’infrastructure administrative, sans doute satisfaits de l’héritage colonial. Heureusement que la DGSN a réalisé un bel édifice très bien entretenu qui honore la ville et augmente son prestige. Dernièrement, par bonheur, le président de la République a évoqué dans son discours, positivement la ville d’Azazga et sa région. Très honorée, la population reprit confiance et attend une véritable relance économique pour asseoir un développement durable, mettre en place une infrastructure d’équipements publics, relancer la zone d’activité de la localité et créer pour la jeunesse des créneaux porteurs, éradiquer le chômage et la crise de logements, instaurer une vie meilleure et susciter l’enthousiasme au sein de la jeunesse pour rester et développer l’Algérie au lieu de fuir. L’espoir est permis surtout si la rumeur concernant la visite du président de la République, Abdelaziz Bouteflika, à Azazga se confirme. Mazouni a donc raison de chanter Azazga, ses villages, ses enfants et l’Algérie. Il n’a pas tort de chanter l’espoir l’enthousiasme et le bonheur de la jeunesse. Souhaitons seulement que cette belle chanson d’espoir sera du goût de notre cher et sympathique chef du Gouvernement et de son équipe.

Bouadi MustapEx-président APC Azazga