Le projet d’aménagement et de modernisation de l’ancienne route qui traverse les gorges de Kherrata sur une distance de 7,6 Kms a été présenté, avant-hier, au siège de la DTP, par l’entreprise turque Ozgün, détentrice du marché avec le groupe algérien ETRHB, devant le wali de Béjaïa, des membres de son exécutif et le P/APC de Kherrata.
Cinq milliards de dinars ont été consacrés à ce projet d’envergure, qui entre dans le cadre de la volonté des autorités « d’améliorer le niveau de service et d’assurer le confort et la sécurité des usagers, ainsi que pour faciliter les échanges entre le port de Béjaïa et l’Est du pays », selon les explications fournies par des responsables à la DTP de Béjaïa. En outre, ces travaux visent le désengorgement du tunnel de Kherrata, devenu saturé vu le nombre croissant de véhicules qui y transitent quotidiennement. « La route nationale N° 9, reliant la wilaya de Béjaïa à Sétif, présente un axe important et stratégique, classé comme réseau économique de base (REB), catégorie A. Cette route draine un trafic qui dépasse les 22 000v/jour avec des pointes de 30 000 v/jour durant la période estivale et un pourcentage poids lourds avoisinant les 45 % », a-t-on affirmé. Actuellement, la route traversant les gorges de Kherrata présente de nombreux risques pour les usagers. En effet, elle est l’objet de fréquentes chutes de pierres et d’éboulements, notamment en hiver. Construite à la fin du 19ème siècle par les autorités coloniales, la route des gorges de Kherrata porte une lourde charge historique. Elle reste un témoin vivant des massacres commis par le colonialisme français lors de la répression sanglante de la marche du 08 mai 1945, où des centaines d’Algériens ont été jetés du haut de ses gorges par l’armée coloniale. Justement, le projet comprendra, en plus de « la mise en valeur du paysage des gorges et la création d’espaces de loisirs, la mise en valeur du pont historique Hanouze et d’un monument dédié aux martyrs », a-t-on précisé. Les travaux prévoient également la réalisation de cinq pôles d’attraction, un belvédère, des zones de stationnement et l’installation d’un éclairage public pour illuminer l’ouvrage (pont historique Hanouze) de sa base vers les arcs en vue de rehausser sa monumentalité.
Le dédoublement de la voie ferrée bientôt lancé
Par ailleurs, les travaux du projet de dédoublement et de l’électrification de la voie ferrée entre Béjaïa et Beni Mansour sur 87 Kms seront lancés prochainement. « Nous sommes en phase d’installation des bases de vie. Et bientôt on entamera les travaux », a déclaré à l’APS le directeur dudit projet. Avec le dédoublement de cette voie ferroviaire, le train de voyageurs circulera à 160 km/h, et le train de marchandises à 100 km/h. Le montant financier consacré à ce projet, confié à un groupement d’entreprises conduit par Cosider-TP, est de l’ordre de 64 milliards de dinars. Dans un autre chapitre, un responsable à la Direction du transport de Béjaïa a démenti les informations faisant état de la destruction de 1 500 habitations dans le cadre de la réalisation de ce projet. « Nous sommes étonnés par les déclarations de certains représentants d’associations locales, affirmant que 1 500 foyers seront démolis pour le passage du tracé du projet. Le nombre de maisons qui seront démolies est de 470 seulement. Concernant les unités de production, elles sont en nombre de onze. En plus, elles ne seront touchées que partiellement, en sorte qu’elles continueront à travailler », a-t-il affirmé.
Boualem Slimani

