Les gares ferroviaires des localités d’Ahnif, Adjiba et Bechloul demeurent désespérément closes, et ce depuis des lustres. Cela a bien évidemment crée un véritable sentiment de frustration chez les habitants de ces localités, surtout chez les nostalgiques des voyages par trains. «Personnellement, j’affectionne beaucoup le train. C’est un moyen de locomotion plus sûr et moins couteux. Sur la voie ferrée, il n’y a ni encombrement, ni bouchon comme il y en a sur les routes. Le train circule librement sans aucune contrainte. De la fenêtre, on peut apprécier la nature, surtout pendant la saison printanière, avec les champs bariolés et haut en couleurs. Ah, elles sont loin ces belles années où les trains de voyageurs marquaient des arrêts au niveau de notre localité (La gare d’Ahnif, ndlr) » nous dit avec beaucoup de nostalgie un sexagénaire de ce village, appelé aussi « La gare n’Maillot ». Ces gares précitées offrent une vue désolante, avec le sentiment de lieux désaffectés. Pour dire vrai, ces coins sont devenus à s’y méprendre tels des vestiges d’une autre époque. Les bâtisses faisant office de gares sont dans un état de délabrement avancé. Leur âge dépasserait un siècle. Ce sont des vestiges coloniaux, avec une architecture qui leur sont propres. Néanmoins, comme ces gares ne sont plus opérationnelles depuis presque 20 ans, elles sont transformées, en conséquence, en dépotoirs et en lieu de débauche et de beuverie. Le cas de celle d’Ahnif est le plus choquant. Des détritus, des emballages de boissons alcoolisées jonchent la salle d’attente et l’arrêt à proximité de la voie ferrée. Cette gare qui est située près de l’école primaire Ali Boubi est fréquentée malheureusement par les élèves qui y jouent au péril de leur vie, car les trains ne marquent aucun arrêt, et passent à la vitesse de l’éclair au risque de faucher l’un d’eux! Des citoyens de cette localité ne voient pas d’un mauvais œil la réouverture de cette gare, et demandent à ce que des arrêts soient marqués pour qu’ils puissent emprunter les trains à destination d’Alger et de l’Est du pays.
Y. Samir
