Les transporteurs urbains et universitaires privés en grève – Tizi-Ouzou paralysée

Les transporteurs urbains et universitaires privés ont observé hier, une journée de grève. Les protestataires ont voulu, par leur mouvement, dénoncer l’octroi du marché du transport universitaire à des opérateurs étrangers à la région.

Le secteur de transport de la wilaya de Tizi-Ouzou a connu, hier, une nouvelle journée de protestation. Cette fois-ci c’est les transporteurs de voyageurs urbains et les transporteurs universitaires qui ont initié une action commune, et ce, afin de dénoncer l’octroi du marché du transport universitaire à des opérateurs étrangers à la région. La grève d’hier n’a d’ailleurs pas manqué de perturber le secteur des transports et paralyser la ville. Tôt le matin, des centaines de bus de transport, de voyageurs privé ont stationné en file indienne sur le long de l’autoroute, à proximité de la nouvelle gare de Bouhinoun. Il s’agit des trolleys assurant la liaison des stations intermédiaires et de la gare routière de Bouhinoun vers le chef-lieu de la wilaya. Des voyageurs se sont retrouvés, du coup, livrés à eux mêmes. Hier matin, les protestataires ont improvisé un rassemblement en face de la nouvelle gare routière. D’emblée, la colère est affichée par les opérateurs en grève. En effet, sur une grande banderole collée sur le premier bus en stationnement, on pouvait lire : « Non au monopole dans le transport ». Sur place, un représentant des protestataires assure que l’action a été initiée afin de réclamer l’annulation du choix de l’octroi du marché du transport universitaire à des opérateurs étrangers. Une décision qui, selon lui, « est la goutte qui a fait déborder le vase », ceci en plus des problèmes « dont souffrent le secteur des transports et les transporteurs de la wilaya ». Pour notre interlocuteur, « les autorités compétentes doivent revenir sur la décision d’octroyer à des opérateurs étrangers le marché du transport universitaire et l’annuler complètement», dira-t-il. Un choix à travers lequel « on ne se soucie guère de l’avenir des 140 à 150 bus qui assuraient la tâche jusque-là », ajoute-t-il. Parlant d’une accaparation des lignes du transport universitaire par des étrangers, il affirme que les opérateurs actuels pour le transport des étudiants vont par la suite devoir se rabattre sur le transport urbain, un secteur « déjà saturé », selon notre interlocuteur, qui assure que, depuis quelques années, « les transporteurs urbains se retrouvent avec moins de 60% de travail ». C’est pour cette raison d’ailleurs, explique le même représentant, que « les transporteurs urbains se sont joints à l’action en appréhension de problèmes qui peuvent survenir à l’avenir ». Un autre représentant affirme quant à lui que « la wilaya ne soufre pas de manque de transport, bien au contraire. Il faut ouvrir la voie du travail devant tout le monde ». Il réaffirme que les opérateurs du secteur de transport en place « font de leur mieux pour accomplir comme il se doit leur mission ». Par ailleurs, joint par téléphone par nos soins pour avoir sa version des faits, le directeur des œuvres universitaires de la wilaya est formel. « Le choix des nouveaux opérateurs devant assurer le transport universitaire à partir de janvier 2015 est fait dans le cadre de la loi », selon Ali Amri. Pour lui, « le marché a été confié au moins disant comme l’exige les procédures dictées par la loi ». Ceci après qu’« un appel d’offres national fut lancé pour le choix des opérateurs », explique le responsable. Il ajoute que deux opérateurs répondant aux critères de sélections ont bénéficié du marché. Il s’agit de Tahkout et Telecom, souligne le même responsable, qui affirme que leurs profils répondent aux exigences du cahier des charges visé par la commission nationale. C’est le cas, souligne Ali Amri, des critères techniques et financiers. Le directeur, soulignant n’être qu’« un gestionnaire d’état », rappelle par la même occasion qu’« un avis d’appel d’offres national est, comme son nom l’indique, ouvert à des soumissions nationales ». Il est à noter que l’action d’hier peut être renouvelée aujourd’hui, voire pour une durée illimitée et élargie aux autres transporteurs. Une menace des grévistes qui conditionnent la reprise de leur activité par une réponse favorable des autorités et une annulation de ladite décision.

T. Ch