Pas moins de 300 propriétaires d’armes confisquées ont protesté durant la matinée d’hier, à Bouira. Ils sont revenus à la charge pour réclamer la restitution, dans les plus brefs délais, de leurs biens confisqués par les autorités militaires durant les années de terrorisme. Les manifestants, qui ne sont pas prêts de lâcher prise, comptent inscrire leur mouvement de protestation dans la durée. Pour cela, ils ont décidé de sortir dans la rue, chaque dimanche, jusqu’à satisfaction de leur revendication. Hier encore, ils ont organisé une marche qui s’est ébranlée de la place publique du centre-ville vers le siège du groupement de la gendarmerie nationale, situé à la sortie Ouest du chef-lieu de la wilaya de Bouira. Par cette nouvelle action de rue, les protestataires ont dénoncé au passage « le refus des autorités locales de prendre en charge leur problème et les lenteurs enregistrées dans les opérations de restitution ». D’après nos interlocuteurs, cette opération est à l’arrêt depuis près de 06 mois désormais. « Depuis le début de l’opération en 2012, seulement 1 300 fusils ont été restitués à leurs propriétaires, sur un ensemble de 8 500 recensés à Bouira », dira l’un des représentants de ce mouvement. Les propriétaires des fusils de chasse, dont la majorité activent dans le secteur agricole, se demandent pourquoi les autorités accordent des autorisations d’achat de fusils à d’autres citoyens et continuent à confisquer les leurs. « Le Premier ministre, M. Sellal, a déclaré le mois de novembre dernier, que tous les fusils de chasse confisqués seront restitués avant l’arrivée du mois de janvier 2015. Mais voilà et à quelques jours de la fin de cette date limite, seulement 1 300 fusils ont été restitués, alors que les autres propriétaires de la wilaya de Bouira attendent toujours leurs biens », déclare M. Guerrache Abdelkader, porte-parole de l’association « Essalem » de Bouira. Et d’enchaîner : « Aujourd’hui, on est dans l’obligation de se poser des questions sur les entraves qui bloquent l’application de cette directive, notamment à Bouira, qui est malheureusement l’une des dernières wilayas à l’échelle nationale où ce problème perdure encore. Nous interpellons par la même occasion le Premier ministre, M. Sellal, et ce, afin qu’il intervienne rapidement ! ». D’après nos interlocuteurs, une nouvelle liste, composée de 400 fusils de chasse, vient d’être communiquée par les services de la gendarmerie de Bouira. Un chiffre jugé largement insuffisant par les protestataires qui réclament, haut et fort, la restitution de l’ensemble des 8 500 fusils confisqués à Bouira. « À notre arrivée au siège du groupement de la gendarmerie, une liste de 400 noms nous a été dévoilée. D’après les responsables du secteur, ces 400 fusils viennent d’être restitués par la première région militaire et seront prochainement distribués à leurs propriétaires », affirme M. Guerrache, avant d’ajouter : « Cette liste, nous l’avons tout de suite rejetée, car nous réclamons la restitution de l’ensemble de nos fusils, et nous ne sommes pas prêts à baisser les bras jusqu’à la satisfaction de cette revendication légitime ! ». Après leur halte devant le siège du groupement de la Gendarmerie nationale, les protestataires, qui se sont dispersés dans le calme, se sont donné rendez-vous, pour dimanche prochain, pour une nouvelle marche qui s’ébranlera vers le siège du secteur militaire de Bouira.
O. K.
