Hier, en grosses manchettes de « une » d’un journal, le nôtre en l’occurrence, était étalée une information qui aurait pu et dû faire remuer ciel et terre au plus impassible des observateurs. Il s’agit de l’arrestation de pas moins de quarante-deux militants du FFS, à BBA. Le constat de l’absence spontanée de réaction du parti, réflexe normal de toute formation politique confrontée à ce qui s’apparente à une provocation, ne nous a nullement empêchés de faire des pieds et des mains pour tenter de joindre le secrétaire national à la communication, Karim Tabou, en droit et en devoir de fournir aux journalistes la version du FFS. Son silence-radio a été conforté par le signal aux abonnés absents de l’ensemble de la direction politique, dont on nous a dit qu’elle était en réunion, extraordinaire selon toute vraisemblance. Ces vains efforts se sont déroulés mardi. Le lendemain, c’est-à-dire hier mercredi, nous avons redoublé de persévérance pour tenter de recueillir la moindre réaction auprès des mêmes responsables censés d’ailleurs réagir sans être interpellés. Même scénario de peine perdue. Motus et bouche cousue. Ni réaction, ni impression, ni version des faits, ni confirmation, ni infirmation, comme si de rien n’était. Même si c’était le cas, c’est-à-dire que toute l’affaire était une invention de journaliste ou de sa source, cela méritait au moins un démenti assorti des dénonciations de circonstance sur la calomnie et la diffamation. Ces attentes minimales, celles du journaliste, donc du citoyen, n’ont reçu pour seul écho que le désert expressif et communicatif, autrement dit un mur. Ne dit-on pas, en opérant juste une petite substitution que « défense bien ordonnée commence par soi-même » ? Toute velléité ou action de solidarité devient nulle et non avenue si les premiers concernés, en l’occurrence les membres de la direction du FFS, adoptent une attitude de neutralité, voire de fuite de responsabilité, sur le sort de leurs propres militants. Serait-ce seulement un mépris de la presse ? Le FFS est libre de ne pas être en total accord avec les médias (ou peut-être l’un deux), mais le glissement est rapide entre ce mépris ciblé et celui envers tous les citoyens, à commencer par la base militante du FFS… Le désarroi en attendant le fax suisse peut bien s’accommoder de réactions d’expectative, y compris celle déclarant qu’on attend le fax… Déroutante, intriguante même que cette situation réactive, celle de l’attitude des trois magots, « rien vu, rien entendu, rien dit ». Il est vrai qu’avec ce bon vieux FFS, on n’en est pas à une intrigue près.
N. Stambouli
