Si dans les autres communes de la région l’olive manque beaucoup, ce n’est pas le cas à Frikat. Dans cette commune, nous avons appris que la récolte est abondante. Effectivement, la preuve est que toutes les huileries, aussi bien traditionnelles que modernes, sont en activité. «Cette année, nous n’avons pas commencé tôt parce que les olives n’étaient ramassées qu’à la fin du mois de novembre. Mais, peu après, avec le début de la cueillette, nous nous sommes rendus compte que notre appréhension du début n’a plus raison d’être», nous répondra ce propriétaire d’une huilerie moderne. Presque deux mois après le lancement de la campagne oléicole, des oliveraies entières ne sont pas encore gaulées. «Vous savez, nous avons attendu que le fruit mûrisse bien, car, dans notre région, ce n’est pas comme ailleurs où on gaule les olives vertes. D’ailleurs, si ces dernières ne sont pas noires, ni le rendement ni la qualité de l’huile ne pourront être bons», nous dira cet oléiculteur d’Ath Ali où la neige les a bloqués durant presque une semaine. Et de poursuivre : «nous n’avons pas commencé au moment voulu, et puis, le mauvais temps qui a régné à la fin du mois de décembre nous a enfermés chez nous. Nous avons, au total, perdu une quinzaine de jours depuis le lancement de la cueillette. Actuellement, si les conditions météorologiques sont toujours bonnes, il me faudra au moins une bonne quinzaine de jours encore pour clôturer la récolte». Au niveau des huileries, l’huile est cédée entre six cents et six cents cinquante dinars le litre. D’ailleurs, selon un autre propriétaire d’une huilerie traditionnelle, le record des ventes a été réalisé à la fin de l’année. «Avec le nouvel an et la fête du mawlid ennabaoui, nous avons reçu beaucoup de clients venus spécialement d’Alger et d’autres villes du pays», nous confiera notre interlocuteur, qui voit que le prix va augmenter dès que les oléiculteurs auront stocké leur produit chez eux. Si tout le monde commence à trouver son compte, ce sont toujours les maraudeurs qui continuent à sévir. «Ne perdez pas de vue que dans certaines régions où les olives manquent, ce fruit est acheté entre cent et cent vingt dinars. Ceci allèche beaucoup les voleurs. Personne ne peut laisser un sac dans son champ comme avant. Nombreux sont ceux qui ont constaté le vol de leurs récoltes. Ces maraudeurs agissent dès la tombée de la nuit. Nous avons même entendu que des larcins ont eu lieu même tout près des domiciles. Personne n’a les moyens d’acheminer ce qui est récolté vers les huileries. Le produit de la récolte est stocké jusqu’à la fin de la cueillette pour être déposé dans l’huilerie qui offre plus d’avantages», suffira de nous répondre un oléiculteur d’imazgharène. En tout cas, dans cette municipalité la production sera plus importante par rapport aux autres communes de la daïra.
Amar Ouramdane
