Il est distribué au compte-gouttes – Le lait en sachet se fait toujours rare

Au moment où des sujets aussi importants que la sécurité la chute des prix du pétrole ou la coupe d’Afrique des nations occupent les devants de l’actualité à Ain El Hammam, les esprits continuent à être accaparés par l’indisponibilité du lait en sachet. Pour entrer en possession de deux litres de ce fameux liquide, il faut être bien « introduit » auprès des revendeurs. « Le manque de poudre au niveau des laiteries, invoqué à chaque crise, ne tient plus la route » nous dit un citoyen qui voudrait « passer à autre chose. Nous devons arriver à changer de sujet et non reprendre chaque matin, le même refrain ». La plupart des détaillants font de la restriction. Ils ne déposent plus leurs arrivages devant la porte ou sur des présentoirs. C’est à partir des arrière-boutiques ou des garages mitoyens que les sachets, destinés à certains amis, sont enveloppés et livrés, cachés aux yeux des autres. Les services des fraudes seraient bien inspirés d’y jeter un coup d’œil, de temps à autre. Rencontré mardi soir, au niveau de la superette de Akkar, alors qu’il venait l’approvisionner en lait de l’usine de Draa Ben Khedda, le livreur nous informe qu’il distribue trois cents sachets par commerçant. « Si vous voulez savoir la cause de cette pénurie, adressez-vous à la direction de l’usine qui ne nous fournit pas la quantité voulue » tient-il à préciser. Les commerçants, eux, se cachent derrière des prétextes fallacieux tels « c’est la faute aux consommateurs qui constituent des stocks » nous dit l’un d’eux. Un employé de l’APC nous confie, quant à lui, que « depuis près d’un mois, je ne trouve que le lait de vache à cinquante dinars le sachet. Si on veut augmenter le prix du sachet simple, qu’on le fasse mais que les autorités interviennent pour baisser cette pression ». De nombreux travailleurs au bas salaire sont contraints de se rabattre sur le lait en poudre qui grève sérieusement leur budget. « Les arrivages sont destinés à ceux qui ne travaillent pas et passent leur temps à épier les camions de distribution. Nous n’allons, tout de même pas rater le travail pour du lait ? » s’interroge-t-il. Cette insuffisance ne va pas sans créer une certaine inquiétude chez les citoyens qui appréhendent une pénurie plus importante, après l’annonce prochaine des chutes de neige. Le feuilleton du lait qui unit les citoyens et ce produit si demandé ne veut finalement pas se terminer.

A. O. T.