Ces trois derniers jours, il n’y avait pas grand monde au niveau des stations-services situées sur la RN26, passant par les territoires de la commune de Tazmalt, à cause, nous dit-on, de la pénurie du gasoil.
En effet, chez les automobilistes, cette pénurie fait l’objet de toutes les conversations. «J’ai fait le tour de toutes les stations-services que compte la ville de Tazmalt pour m’approvisionner en gasoil, mais c’était peine perdue, puisque il n’y en a pas la moindre goutte dans ces pompes !», nous dit ce propriétaire d’un véhicule. Pour en savoir un peu plus, nous nous sommes rendus dans ces stations, où les pompistes nous ont confirmé le manque du gasoil. La raison ? Nos interlocuteurs n’en savaient pas grand-chose. «Nous n’avons pas été approvisionnés en gasoil aujourd’hui (mercredi dernier, ndlr), notre stock est à sec !», constate un pompiste qui, d’un geste devenu automatique à force de le répéter, faisait signe aux automobilistes, propriétaires de véhicules de type diesel, de rebrousser chemin à cause de l’absence du gasoil dans les pompes. Contrairement aux véhicules qui fonctionnent à l’essence, celui-ci est disponible dans les différentes stations-services et l’approvisionnement se fait le plus normalement du monde, comme nous l’avons constaté. Cette pénurie a créé un véritable malaise et un branle-bas de combat parmi les automobilistes qui ne savent plus où donner de la tête pour avoir quelques litres de gasoil dans le réservoir. Dans la rue «tazmaltie», l’on ne cesse de spéculer et d’émettre des hypothèses les plus folles s’agissant de la pénurie du gasoil, comme la mainmise de la maffia du carburant, ou bien encore « ces coups qui se préparent… »,…et on passe ! Néanmoins, les plus avertis pensent que «c’est à cause des dernières intempéries qui ont sévi dans le pays, lesquelles seraient derrière cette pénurie, du moment que le gasoil est utilisé dans le chauffage!». Notons enfin que l’on a remarqué durant ces jours de pénurie une diminution significative de la circulation automobile, nonobstant le fait que les mercredis et les jeudis sont les jours de tenue du marché hebdomadaire où la circulation «explose» littéralement ! Même constat ailleurs où, depuis mercredi, les stations Naftal sont prises d’assaut par les automobilistes en raison de la pénurie du mazout. Des files d’attente interminables de voitures attendent leurs tours impatiemment dans l’espoir de faire le plein de carburant. Le scénario de cette disette hante les esprits des automobilistes, qui ne comprennent pas qu’un pays aussi nanti en cette énergie soit frappé par des pénuries cycliques de cette énergie. Le constat est fatalement le même à travers les stations Naftal que nous avons visitées, où nous avons constaté un rush inhabituel de voitures et de camions garés le long de la chaussée pour pouvoir s’approvisionner en mazout de crainte que la crise ne se pérennise. Face à cette situation, nombreux sont les automobilistes qui nous ont avoué qu’ils se sentent désemparés et pris de court par cette panne sèche en carburant. Les différents points de vente de gasoil répartis sur le territoire de la wilaya de Bgayet ont observé les mêmes scènes de files d’attente de véhicules, comme à Takarietz, Ouzellaguen, Akbou, Sidi-Aïch,…« Il vaut mieux immobiliser son véhicule au garage pour d’éventuelles urgences que de s’aventurer à rouler carrosse en cette période de disette », nous confie un automobiliste. Par moments, on se croirait que les automobilistes sont pris d’une véritable panique, notamment les transporteurs et les routiers qui ne savent pas à quel saint se vouer. « Les volucompteurs sont au repos en ce moment. Les pompes sont à sec », ironise un agent d’une station d’essence privée. De par son utilisation massive, les stations d’essence sont à sec suite aux norias de véhicules ayant fait le plein dès que la rumeur de rupture en ce produit commençait à se propager comme une trainée de poudre.
Syphax Y. /Bachir Djaider

