Journée d’étude, hier à Alger, sur l’économie et le marché informel – Les préconisations d’Amara Benyounès

Le ministre du Commerce, Amara Benyounès, a affirmé, hier, à Alger, que les transactions sans factures entre les commerçants informels sont estimées à 51 milliards de dinars par an.

Intervenant lors d’une journée d’étude sur l’économie et le marché informel, le ministre a assuré l’absence de statistiques sur le pourcentage de cette activité illégale. « Le chiffre dont dispose le ministère du Commerce est celui lié aux transactions sans factures, qui sont estimées à 51 milliards de dinas par an », a-t-il fait savoir. Bien qu’il est difficile, selon M. Benyounès, de cerner avec exactitude l’ampleur de ce phénomène au regard de la nature occulte de ses pratiques frauduleuses, « il n’en demeure pas moins que les actions menées par les services du contrôle du ministère ont permis de découvrir, au titre de ces quatre dernières années, plusieurs transactions commerciales sans factures pour un montant de 206, 5 milliards de dinars », a-t-il indiqué. Tout en estimant que le commerce parallèle est une menace « sérieuse » qui risque de mettre en péril le fondement de l’économie nationale, le ministre a mis en exergue la nécessité de faire impliquer les partenaires sociaux et les experts dans la résolution de cette problématique. « Avant de prendre des décisions en tant que gouvernement, il faut écouter les avis des professeurs universitaires, les cadres du ministère du Commerce et les partenaires sociaux, notamment à travers cette journée d’étude », a-t-il dit. Dans ce sillage, le maître de conférence au HCA d’Alger, Dr Allaouat Farid, a estimé que la répression n’est pas une solution adéquate pour le commerce informel. « On ne peut pas réprimer une activité commerciale », a-t-il noté avant d’ajouter : « Il faut y apporter des solutions structurelles ». Concernant le développement de la grande distribution, le directeur général au ministère du Commerce, en l’occurrence M. Aït Abderrahmane Abdelaziz, a déploré le retard accusé là-dessus. « On est encore loin de l’implantation de grande distribution. On dispose seulement de cinq hypermarchés, de 232 supermarchés et de 1 507 superettes », a regretté M. Aït Abderrahmane. Il est utile de souligner que les débats débouchés lors de cette journée, sont sur la préconisation des voies et moyens adéquats pour non pas éliminer les marchés informels mais les réduire dans les proportions les plus étroites possibles, ce qui permettra autant d’annihiler les pratiques commerciales illicites.
Samira Saïdj