Plus de quarante ans après le lancement de son chantier en 1974, la polyclinique de Aïn El Hammam, à quarante-cinq kilomètres au Sud-est de Tizi-Ouzou, n’est toujours pas prête à accueillir ses premiers malades.
Les couacs commencèrent dès les premières années et le chantier n’arrivait pas à sortir du sol. La succession de plusieurs entreprises pour faire avancer les travaux et le budget, révisé plusieurs fois, n’ont pas suffit à ériger la construction qui continuait d’avancer à pas de tortue, avant d’être carrément abandonnée sans que personne ne bouge le petit doigt. La carcasse de trois étages, abandonnée aux intempéries pendant plus de dix ans, tombait en ruines, avant d’être démolie il y a quelques années. Un nouveau budget pour une nouvelle construction sur le même site est alors débloqué et un autre chantier qui démarra arrivera finalement à dégager une structure qui tarde, elle aussi, à être livrée. La construction que nous avons observée de l’extérieur, étant donné que son portail est fermé ne donne pas l’impression d’un bâtiment terminé contrairement à ce que certains nous ont affirmé précisant que « la livraison de la polyclinique est pour bientôt ». Cependant, sur place, nous avons constaté que certains travaux, loin d’être sans importance, devraient traîner le chantier sur plusieurs mois encore. Située en contrebas de la route menant au village de Taourirt Amrane, la « toujours future » structure de santé est destinée à soulager la population de Ain El Hammam ville et des agglomérations environnantes, se situant loin de l’hôpital. Or plus de quarante ans après, les malades de la région continuent de se déplacer jusqu’à l’EPH pour des soins qui peuvent leur être prodigués près de leurs domiciles. « Je me souviens, qu’en 1975, en revenant du CEM, alors que nous y étions élèves, mes camarades et moi, nous nous attardions pour regarder les engins de terrassement activer sur le chantier. Quarante ans après, je continue à passer au même endroit pour trouver un chantier éternel », nous déclare un retraité de Taourirt Amrane, déçu de constater « tant d’argent et de temps dilapidés pour rien ». Très attendue, au moment où les autres structures de santé sont arrivées à étouffement, la polyclinique de Ain El Hammam, dont beaucoup ignorent même l’existence, doit ouvrir ses portes le plus tôt possible pour soulager l’hôpital, dont les services arrivent difficilement à satisfaire une demande de plus en plus importante.
A. O. T.

