La population une fois de plus pénalisée

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La RN12 a une nouvelle fois été fermée à Tizi-Ouzou au niveau du lieudit Sikh Oumedour, à une dizaine de kilomètres à l’Est du chef-lieu de wilaya. L’action, intervenue au lendemain d’une autre similaire à Chamllal, a pénalisé la population qui paie à chaque fois le prix fort pour diverses revendications soulevées.

Il est un peu plus de 8 heures du matin, on apprend que la route est fermée du côté de Oued Aïssi, à l’Est de la wilaya. L’information, relayée par les passagers d’un bus de transport de voyageurs depuis les régions Est de la wilaya vers le chef-lieu, n’est pas vraiment une surprise. A Tizi-Ouzou, on s’est habitué à ce genre de situations, devenues monnaie courante. L’urgent c’est plutôt de savoir l’endroit exact où la route a été fermée. « C’est pour calculer à peu près la distance qu’on doit parcourir à pied », fulmine un voyageur qui tentait d’en savoir plus au téléphone. Quelques minutes plus tard, il informera le reste des voyageurs que c’était au lieu dit Sikh Oumedour, au croisement des RN 15 et 12, à proximité de la zone industrielle et aussi devant l’hôpital psychiatrique Fernane Hanafi, que la route était fermée. Mais c’est à partir de Tala Toulmous, à près de 2 kilomètre de là que la circulation était bloquée. Des véhicules en tous genres tentent alors de rebrousser chemin. Et peu importe si cela crée un double-sens sur la voie. Les transporteurs de voyageurs tentent de dévier par l’échangeur afin de rallier la station de Oued Aïssi. Une confusion générale s’installe sur l’autoroute et des citoyens se résignent à faire le reste du chemin à pied. « Nous y sommes obligés. Il ya parmi nous des fonctionnaires et des étudiants, et nous avons des obligations que nous ne pouvons abandonner à chaque fois. Déjà que les retards sont récurrents. Il ne se passe pas une semaine sans que la route soit barricadée au moins une journée », explique un jeune rencontré sur place, pressé de rallier Tizi-Ouzou. Il devra d’ailleurs marcher jusqu’à la cité universitaire de Oued Aïssi, sur une distance de plus de 3 kilomètres, avant de pouvoir trouver un bus. Mais la situation est loin d’être réglée puisqu’il faut maintenant résister aux encombrements. Notamment au niveau de Tazmalt El Kaf où l’échangeur devient, comme à Tala Toulmous, la seule issue pour les véhicules qui rebroussent chemin. Même état de fait, si ce n’est pire, à l’intersection dite du Pont de bougie, à proximité de la station de Ouaguenoune. Là aussi des files de véhicules se forment anarchiquement sur plusieurs centaines de mètres. Ceci, étant donné que pour tenter de passer, d’autres citoyens des régions Est, bloqués, ont dû faire le tour depuis Ouaguenoune, au moment où ceux allant de Tizi-Ouzou vers les mêmes régions essayent de faire de même. En tout, il aura fallu « plus de quatre heures pour arriver à destination, alors que d’habitude, il me faut moins d’une heure », souligne un citoyen d’Azazga. De son côté un automobiliste dira à bout de nerfs : « Ce n’est pas normal !! Ce n’est pas en pénalisant la population qu’on obtient ses droits. Quelles que soient leurs revendications, ces gens doivent procéder autrement : initier des sit-in ou fermer les sièges des autorités concernées telles la wilaya, la daïra, l’APC ou les diverses directions. Ce n’est quand même pas normal de subir ça chaque jour ». Il rappellera que la veille (mardi Ndr) les usagers avaient vécu une situation similaire, lorsque la route avait été fermée pendant des heures au niveau de Chamllal. Les populations sont exaspérées et à bout de patience de subir les conséquences des actions de rue à répétition.

T. Ch.

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