Improbable encore la veille, la grève générale dans tous les secteurs a été largement suivie, hier, dans quasiment toutes les villes et villages de la wilaya de Béjaïa. Hormis les pharmacies, les administrations publiques étaient désertées, les entités économiques paralysées, des bus de transport en commun immobilisés sur les accotements des routes et des boutiques d’habillement et autres magasins d’alimentation générale fermés.
Tel a été le topo dans la ville et les quartiers périphériques de Béjaïa. Pour manifester leur adhésion au mot d’ordre de la grève générale et exprimer leur «rejet du système et du 5e mandat», les travailleurs de la Sonatrach (STH) de Béjaïa se sont rassemblés, hier matin, devant le siège de leur entreprise. Ceux de l’entreprise portuaire de Béjaïa et de toutes les entreprises économiques ont déserté leurs postes. Des lycéens et des collégiens ont séché les cours.
Dans un mouvement, estiment les observateurs les plus avertis, qui «n’augure rien de bon», les avis des citoyens sont partagés : «A quoi sert-il de pénaliser des milliers d’usagers des transports en commun et de priver les ménages du strict minimum ?», s’interroge un citoyen habitant au quartier Sghir.
«Nous sommes résolument convaincus que les marches organisées chaque vendredi suffisent largement à maintenir la pression sur le pouvoir. Pourquoi alors décréter une grève générale de cinq jours juste, à mon humble avis, affamer la population», juge un leader associatif, tout en appelant les commerçants à assurer au moins le service minimum.
«Dans la hiérarchie des formes de lutte politique, la grève générale occupe indiscutablement le sommet. Elle est le prélude à la désobéissance civile. La grève générale est une action très forte aux conséquences parfois imprévisibles. Elle peut provoquer un retournement d’opinion et servir d’alibi aux aventuriers de tous bords.
Il est donc nécessaire de faire preuve de clairvoyance et d’une extrême vigilance dans la gestion de la grève des cinq jours qui en est aujourd’hui (ndlr, hier) à son premier jour dans tout le pays. Cette action ne doit pas peser négativement sur les secteurs liés à la santé, aux transports et au quotidien du citoyen et altérer le potentiel de mobilisation des populations.
Aussi, des aménagements peuvent accompagner cette action spectaculaire sans affaiblir aucunement la détermination populaire. Les secteurs liés à la santé, au transport et à l’approvisionnement en carburant doivent fonctionner normalement. Les boulangeries doivent travailler la matinée. Les commerces d’alimentation en produits alimentaires doivent ouvrir à partir de 16H.
L’Algérie vit un moment historique sans précédent depuis l’indépendance. La force du peuple est dans son unité, sa maturité et son intelligence. Le mouvement populaire doit éviter tout ce qui peut l’entraîner dans des voies incertaines et sans issues», écrivait hier Djamel Zenati dans un post publié sur sa page Facebook.
F. A. B.

