Dame nature ne suffit pas !

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En longeant la côte Est de Béjaïa et en dépassant les frontières de la commune de Tichy, le château de la comtesse, une œuvre architecturale d’une extrême beauté, construite il y a plus d’un siècle, en bordure de la RN 9, semble souhaiter la bienvenue aux visiteurs de la coquette station balnéaire d’Aokas

Forteresse de colon, transformée en hôtel puis abandonnée pendant plusieurs années, cette structure a été cédée au secteur de la jeunesse et des sports lequel a entamé des travaux de restauration pour en faire une auberge de jeunes d’une centaine de lits. Le château reprend des couleurs mais reste, toutefois, au stade de chantier qui s’éternise. Quelques encablures plus loin, du côté de la plage, « El Had Akdim » (ancien marché hebdomadaire) est devenu une cité résidentielle appelée Azemmour. Autrefois, terrain agricole hautement fertile, celui-ci a été envahi, ces dernières années, par le béton. Des constructions poussent, à ce jour, comme des champignons autour de l’ancien cimetière chrétien laissé à l’abandon. Du côté droit de la route nationale, c’est l’ancienne carrière qui sera squattée pour devenir un big village de constructions illicites. Pour freiner cet envahissement, les autorités de l’époque avaient récupéré quelques parcelles pour créer une zone d’activités artisanales. Désormais, c’est un autre village appelé Tala Khaled qui vient enrichir statistiquement la commune d’Aokas. De Tala Khaled, deux tunnels, l’ancien et le nouveau, creusés dans la montagne qui supporte le fameux Cap, font face aux véhiculés et constituent, en quelque sorte, l’entrée principale d’Aokas. La montagne en harmonie avec la mer et ce superbe cap qui restera à jamais un site paradisiaque d’où l’on peut aisément contempler la mer et ses belles plages ombragées par une bande boisée, sur une longueur d’une dizaine de kilomètres, font la renommée d’Aokas, commune touristique par excellence, visitée par des millions des vacanciers à chaque saison estivale. Tabellout, Laâzib, Tikheroubine, Amerzag, Ansa, Taremant, Aliouène, Akkar et Ait Aissa sont, entre autres, les principaux villages de la commune. Aokas est le nom berbère du requin, dont une espèce aurait échoué dans un temps lointain, dans cette belle contrée. Muslobio, à l’époque romaine, Aokas, actuellement, Cap Aokas, au temps des Français et Oued Marsa lorsqu’elle englobait cette kyrielle de grands aarouchs allant de Ziama et de Kherrata à Bgayet en passant par Barbacha, devenus entre temps communes et chef-lieu de daïra, en une grande commune mixte, la fleur de la Kabylie de l’Est, qui a changé d’appellations au fil des civilisations, souffre le martyre et accuse des retards dans le développement. Alors qu’elle était et est toujours prédisposée à s’imposer comme lieu touristique par excellence, recevant malgré tout des dizaines de milliers de touristes annuellement, cette commune enregistre un manque flagrant d’infrastructures hôtelières. La récente création de la zone d’extension touristique, avec l’implantation d’hôtels et autres annexes, sur une partie de la bande boisée sera d’un apport considérable pour cet Eden touristique. Une belle région de Kabylie qui a l’avantage d’être gâtée par la nature laquelle l’a dotée d’une grotte tellement féerique qu’on vient de partout pour la visiter. D’ailleurs cette merveille naturelle, découverte lors du creusement du premier tunnel pour la réalisation de l’actuelle RN 9,  s’ouvre, à partir du dit tunnel, sur un long couloir qui mène vers une sorte de grande salle dont la voûte rocheuse laisse pendre quelques stalactites qui s’harmonisent avec la multitude de stalagmites érigés du sol dont certaines ont des formes humaines, telles que la sainte vierge tenant Jésus, son enfant, dans ses bras ou encore cette lignée de femmes kabyles allant à la fontaine avec leurs cruches sur le dos. C’est une véritable beauté naturelle rarissime. Créé en tant que Douar en 1869 puis commune mixte en 1938, Aokas est habitée par une vingtaine de milliers d’âmes et sept aarouchs la constituaient avant qu’elle ne s’élargisse pour se retrouver avec une quinzaine de quartiers. Sa création remonte au 15e siècle de l’ère chrétienne lorsque deux chefs riches et vénérés vinrent, l’un Targui et l’autre Kabyle de la région de Jijel, s’établir dans cette région vierge. Depuis, l’ancien petit village d’Aokas est devenu une ville qui aurait pu se développer beaucoup mieux qu’elle ne l’est aujourd’hui. 

 A. Gana 

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