Deux histoires bouleversantes

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«Duleqrar ad yali wass» et «Azar yattabaâ tara-s» sont deux recueils de contes et de poésie de 64 pages chacun, en langue amazighe que vient de signer Mme Hammadi née Gherab Fatima. La préface est signée par le Dr Saïd Bouyazri (universitaire) qui dit : «Ces deux livres nous ramènent dans notre passé. Nous nous y retrouvons autour du feu, comme au bon vieux temps, quand, enfants, nous écoutions nos grands-mères raconter des histoires». Le Dr ajoutera que les deux ouvrages «méritent d’être lus et étudiés dans les lycées !». Le premier livre «Duleqrar ad yali wass» est une histoire rocambolesque et saisissante à la fois, de deux frères, Amara et Idir. Une seule année d’âge les sépare. Ils se sont mariés le même jour mais leurs destins furent par la suite complètement différents. Zahra, la femme d’Amara, lui donna 7 garçons alors que Khedoudja, la femme d’Idir est stérile. Avec ces deux statuts diamétralement opposés, Zahra s’imposa dans la maison et fit de Khedoudja une esclave qui s’occupait, du matin au soir, sans répit, des tâches ménagères et des travaux des champs. Dieu seul sait ce qu’elle endurait comme souffrances. Zahra s’occupait des finances et décidait des rations de tous les membres de la famille. Les beaux-parents décidèrent de renvoyer Kheloudja. Celle-ci, apprenant la nouvelle, en fut bouleversée et s’enferma dans chambre. Le soir venu, son mari la rassura et lui promit : «Je ne te laisserai pas partir. C’est moi ton mari. C’est moi qui décide. Nous continuerons à vivre ensemble avec ou sans enfants. Laissons Dieu faire son travail !». Khedoudja poussa un long soupir de soulagement et essuya ses yeux rougis par les larmes. La nuit, quand tout le monde dormait, Khedoudja qui a perdu son sommeil, se levait et implorait Dieu : «Mon Dieu, donnez-moi ne serait-ce qu’une chatte !». (Expression courante dans des moments de détresse pour demander à Dieu une fille sans charme et sans beauté !). Des mois s’écoulèrent et Khedoudja vit enfin son vœu exaucé. Elle mit au courant son mari et tous deux turent la nouvelle. La suite du conte est pleine de rebondissements, d’émotions et de suspens. Nous laisserons les lecteurs les découvrir. Il est à relever que les dialogues entre les personnages sont en vers, ce qui ajoute au texte, riche en dictons et en proverbes, encore plus de beauté. L’histoire du second ouvrage «Azar yattabaâ tara-s», écrit l’auteure : «est puisée dans le patrimoine ancestral». C’est l’histoire d’un vieux couple, Mokrane et Aldjïa, qui ont eu une fille, Aziza, à un âge assez avancé. Ils la choyèrent à tel point qu’elle refusa tout prétendant qui demandait sa main en mariage, ne voulant pas laisser ses parents seuls. Mais elle finit par accepter d’épouser M’hand, car celui-ci accepta que ses beaux-parents vivent avec eux. Un jour, alors qu’Aziza était enceinte, M’hand n’entra pas à la maison. On n’eut plus aucun signe de vie de lui. Aziza mit au monde un garçon, Mohand Saïd. La suite de l’histoire est pleine de rebondissements et de grandes émotions que les lecteurs découvriront, à n’en pas douter, avec passion.

Arous Touil

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