Dernier village de la wilaya de Tizi-Ouzou, avant Bouira, Tirourda se trouve à quelques centaines de mètres seulement, en contrebas du fameux «col de Tirourda» qui culmine à plus de 1500 mètres d’altitude.
Les habitants de ce bourg, situé loin du chef-lieu communal d’Iferhounene dont il relève, ont appris à ne compter que sur eux-mêmes. Grâce à la solidarité qui les anime, ils affrontent les hivers rigoureux et les difficultés de la vie en montagne, avec courage et détermination. Six associations culturelles et sociales, y activent à longueur d’année, pour le bien de toute la communauté qui vit en symbiose. «Thala Melloulen», l’une des plus anciennes, composée, sans distinction, d’étudiantes, de femmes au foyer, âgées ou jeunes, ne cesse de nous étonner par ses multiples activités. Jamais à court d’idées, les responsables de cette association, essentiellement féminine et la première du genre dans la région, ne cessent d’innover. Cette fois, elles mettent à profit l’existence d’un local au niveau du village pour y donner des cours de formation professionnelle. En collaboration avec le CFPA d’Iferhounene qui y dépêche des enseignants pour seconder les adhérentes volontaires locales, elles encadrent les femmes du village, désireuses de subir une formation en «couture», «coiffure dames» et «gâteaux traditionnels». Inutile de dire l’engouement suscité auprès de la gent féminine. Ce ne sont pas moins de soixante dix femmes dont certaines ont atteint la soixantaine, qui adhèrent au projet, agrémenté de cours d’alphabétisation pour les illettrées. C’est par un pur hasard que nous avons appris l’existence de six associations qui activent, en s’entraidant, dans une même agglomération, se côtoyant chaque jour. «Thala Melloulen» et les autres travaillent dans l’anonymat total sans pourtant ne rater aucun événement commémoratif, national ou local. L’esprit ouvert des habitants a permis à ces dizaines de jeunes filles d’activer sans tabou, hors du foyer, pour le bien être de tous. Les nombreuses associations qui peuplent le paysage associatif de la daïra de Ain El Hammam devraient s’inspirer de l’exemple donné par ce village, loin d’avoir les moyens financiers et matériels des villes, pour sortir de leur léthargie. Bien que doté de deux pistes, l’une menant vers la RN 15 et l’autre débouchant sur le chemin de wilaya numéro 253, Tirourda semble isolé en pleine montagne. Un isolement qui ne décourage pas sa population, unie et solidaire quelles que soient les circonstances.
A. O. T.

