Chorfa le client ne s’en soucie pourtant guère – Le poulet vendu dans des conditions d’hygiène lamentables

La dégringolade du pouvoir d’achat de la majorité des citoyens n’est pas sans conséquences sur la consommation. En effet, les ménages, rognant sur leurs budgets familiaux, cherchent par tous les moyens à limiter les dépenses afin de vivre dignement et à l’abri du besoin. Cela se vérifie avec la consommation des produits vendus à travers le circuit informel, comme il est le cas pour le poulet vivant vendu à l’air libre sur les accotements de la RN26, qui passe par la localité de Chorfa. Des points de vente de poulets vivants sont aménagés le long de ce tronçon, où les faibles et moyennes bourses trouvent leur compte, au détriment de l’hygiène. Néanmoins, ce que l’on a remarqué c’est cette baisse du prix du poulet vivant, lequel a chuté de 280 à 190 da/kg en l’espace de quelques semaines seulement. C’est ce qui a fait que les ménages se ruent sur ces lieux bon marché afin de profiter de cette aubaine, et ce, lorsque l’on sait que, de l’autre côté le poulet emballé coûte 300 da/kg. Les marchands de l’informel se frottent, à cet effet, les mains avec ces tarifs bas, en «ratissant» large parmi les consommateurs, lesquels préfèrent chercher les prix bas au détriment de l’hygiène. Même s’ils savent pertinemment que les poulets qu’on leur remet sont abattus et plumés dans des conditions lamentables, ils ne s’en soucient pas outre mesure, pourvu qu’ils garnissent leurs tables avec un peu de viande blanche, parce que la viande rouge, elle, n’est presque plus accessible avec des tarifs exorbitants allant de 850 à 900 da/kg pour la viande bovine ! Sur un autre registre, et nonobstant l’interdiction formelle de la vente des poulets sans passer par les abattoirs avicoles, où l’abattage se fait selon les normes requises, la commercialisation des poulets vivants, ramenés directement des poulaillers pour être vendus sur la voie publique dans un état de saleté lamentable, constitue une menace sérieuse pour la santé des consommateurs, qui, par mégarde ou ignorance, semblent encourager cette pratique moyenâgeuse au préjudice de leur santé.

Y. Samir