En Kabylie, personne ne peut s’enorgueillir de l’état des routes. Si l’on annonce ici et là des réfections, cela ne veut pas dire que le réseau routier est pris en charge. D’ailleurs, il ne suffit que de jeter un regard sur les revendications citoyennes, pour constater que les routes viennent en deuxième position après l’eau potable. Le chemin reliant des villages des communes de M’kira et de Tizi Ghenif au chef-lieu de daïra est un exemple qui illustre bel et bien cette situation. Si l’on va de Tafoughalt à Tizi Ghenif, en passant par El Hamma et Ath Iichir, cette dégradation accueille les usagers de cet axe. Pourtant, en raison de l’importance dont il jouit, il devrait normalement être classé chemin départemental et ce, parce qu’il relie la wilaya de Boumerdès à celle de Tizi Ouzou, avec ses nids-de-poule, ses crevasses… En somme, une piste dan un état piteux. « Depuis 1975 quand il avait été bitumé, il n’a jamais été entretenu. Ni fossés ni nettoyage. En fait, il est abandonné », nous a dit un citoyen d’El Hamam. Et d’ajouter : « Pour délivrer un papier administratif de M’kira, il faudra se déplacer jusqu’à Draâ El Mizan, puis Tizi Gheniff pour arriver jusqu’à M’kira. Au total, 42 km à l’aller et autant d’autres au retour. Quant aux frais de déplacement, 120 dinars (aller-retour). Vraiment, c’est un calvaire ». Selon notre interlocuteur, la réfection de ce chemin réduirait toutes ces tracasseries car le citoyen d’El Hamam ne ferait alors que douze kilomètres. « Nous avons soulevé ce problème, en vain. Les transporteurs redoutent cette route. Nombreux sont ceux qui ont laissé les cardans de leurs véhicules dans les cratères, pour ne pas dire les nids-de-poule », nous a signalé un autre habitant résidant à El Had, un village situé sur le même axe. Il y a lieu de signaler que cette route est un raccourci. Elle dessert plus de six mille habitants. Interrogé, un ex-élu nous a répondu que le changement de la classification de ce chemin communal serait la solution idoine. « Si ce chemin devenait un chemin wilayal, il serait pris en charge par la wilaya. Actuellement, il relève du territoire de 3 communes (Tizi Gheniff M’Kira et Ath Yahia Moussa », nous a déclaré cet ex-responsable. En attendant cette procédure administrative, les habitants de cette contrée paieront tous les frais de cet abandon.
Amar Ouramdane
