Selon le président de la commission nationale des représentants des marchés de gros des fruits et légumes, Mohamed Medjbar, la flambée des prix de la pomme de terre est due à la « spéculation ».
Depuis le début du mois de février, le prix de la pomme de terre ne cesse d’augmenter au niveau du marché national, provoquant la colère des consommateurs dont la majorité n’arrive pas à accéder à ce produit de large consommation. «Durant toute l’année, on fait face à la cherté de la pomme de terre, sans qu’il y ait une solution ferme à cette problématique», a martelé un citoyen. À un autre de lui emboiter le pas : «J’achète tous les légumes sauf la pomme de terre qui est à 100 DA le kilo». De son côté le président de ladite commission affiliée à l’union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA) estime que cette problématique est due à la «spéculation» des intervenants qui ont pris le monopole de ce marché. «Entre décembre et février, pas moins de 40 mille tonnes de pomme de terre ont été récoltés. Les intervenants l’ont achetée par la suite pour la distribuer sur les marchés du gros ; mais en réalité elle se vend au marché parallèle, ce qui a créé la pénurie», a expliqué M. Medjbar, qui a tenu à souligner que la pomme de terre est cédée entre 65 et 70 Da aux marchés du gros. De ce fait, l’interlocuteur a mis en cause l’organisme de régulation au sein du ministère de l’Agriculteur et du Développement rural qui «a donné l’agrément à ces intervenants qui ne cessent de manipuler les prix de la pomme de terre à leur guise», a-t-il martelé. Le même responsable a estimé que les 40 mille tonnes de pomme de terre récoltés et les deux millions tonnes autres attendus entre les mois d’avril et juillet sont largement suffisants pour stabiliser les prix de ce produit. «S’il n’y a pas eu la spéculation, les prix ne dépasseront pas les 45 DA au niveau des marchés du détail», a assuré M. Medjbar. Face à cet état de fait, ce dernier appelle l’organisme de régulation «à ne pas intervenir et à laisser le marché libre afin de mettre fin à la spéculation et au monopole», a-t-il plaidé.
Samira Saïdj

