Que peut-on dire d’un village qui, du jour au lendemain se retrouve chef-lieu de commune tout en gardant sa ruralite et sans accéder à l’urbanisme que cette nouvelle situation exige ? Faut-il se transformer ou conserver les coutumes ancestrales? La commune de Beni Bouchaib, qui a existé dans les années passées, s’est retrouvée rattachée à la commune de Mekla dont elle s’est séparée lors du dernier découpage, en même temps que la commune d’Aït Khellili. Mais, peu de choses ont changé avec le temps. Ce n’est pas avec la réalisation d’un bâtiment prévu pour les cas sociaux et qui demeure non seulement inoccupé mais livré à toutes les vicissitudes du vandalisme et squatté par une jeunesse désœuvrée – les traces sont indélébiles sur les murs et les portes – qui en fera une ville. Ce n’est pas la réalisation d’un lot de boutiques à louer dont les portes demeurent désespérément fermées – évidemment louées à un citoyen avec un contrat qui l’empêche de « gérer en toute liberté » ce qu’il a acquis avec son propre argent- qui permettra la création d’emplois. Il n’y a qu’à voir l’état des lieux pour constater qu’il faut beaucoup de bonne volonté et beaucoup de dynamisme pour entrer de plain-pied dans le millénaire. Avec le peu dont dispose la commune, il s’avère bien difficile de réussir ce pari. Un état des lieux s’impose et la conjugaison des efforts de tous les citoyens donnera un sens à la volonté affichée par les élus et leur donnera le courage de persévérer dans leurs efforts et d’aller de l’avant pour améliorer le cadre de vie de la communauté. La commune dispose de beaucoup de potentialités auxquelles elle se doit de faire appel. Les moyens- humains et même matériels- ne manquent pas et la disponibilité des citoyens est un avantage dont il serait bénéfique de se servir. De même que les comités de villages qui demeurent à l’écoute de leurs concitoyens et qui activent sans discontinuer, eux qui ont su suppléer aux carences et aux manques en faisant appel au civisme à la serviabilité et au dynamisme des habitants qui ont toujours répondu présents aux besoins. Les associations culturelles existantes et en activité sont une source à laquelle il faudra s’abreuver sachant qu’elles sont constituées d’une jeunesse qui s’est pris en charge et qui s’est permis le luxe de gérer le « social » (domaine réservé aux adultes et aux responsables) pour en faire son champ d’activité le plus prospère. Et pourquoi pas encourager ce genre d’initiative, puisque la société elle-même lui est acquise ?
Sofiane M.
