Face à l’échec retentissant du programme présidentiel des 100 locaux par commune, lequel a été lancé en 2006, les autorités de la wilaya songent sérieusement à reconvertir ces locaux en sièges pour les différentes administrations.
Ainsi et selon le chargé de la communication de la wilaya, M. Ladjel Latreche, le premier magistrat de la wilaya, M. Nacer Maaskri, a instruit l’ensemble des chefs de daïras de la wilaya de Bouira afin qu’ils octroient ces locaux aux diverses sous-directions. « Dans le but de rentabiliser ces locaux, le wali a pris, lors de sa visite d’inspection effectuée à Souk El Khmis (lire notre édition d’hier, ndlr), la décision d’affecter lesdits locaux aux administrations et autres équipements publics », dira-t-il avant d’ajouter : « Cette initiative aura pour objectif de mieux gérer les préoccupations des citoyens et aussi de décentraliser les administrations et les rapprocher des citoyens ». La même source indique également que ces locaux vont à l’avenir être repris pas les services de l’hydraulique, les travaux publics, Sonelgaz, l’ADE, etc. Par ailleurs et toujours dans la même optique, M. Latreche dira que le wali a donné d’autres instructions concernant l’octroi de ces locaux au profit des dispositifs Angem, Ansej et Cnac, afin qu’ils puissent accorder les micros crédits aux jeunes prometteurs, sans que ces derniers ne se déplacent au niveau du siège central. A travers ces nouvelles directives, on comprend que l’Etat s’est enfin résolu à l’échec de ce programme et voudrait à tout prix le rentabiliser. Car, depuis son lancement, ce programme, il faut bien le reconnaître, n’a pas séduit grand monde. A titre d’exemple, aussi bien à Kadiria, Bechloul, Ath Laqsar, Lakhdaria qu’à Ain Bessam, ces locaux sont totalement abandonnés ou pire encore, sont transformés en locaux de débauche et autres vices. Le cas des locaux de la localité d’Ath-Rached, à une trentaine de kilomètres au Sud-est de Bouira, est plus qu’édifiant. Livrés à leurs bénéficiaires en 2008, la grande majorité de ces locaux n’est pas encore exploitée, parce qu’ils ne sont pas alimentés en énergie électrique. Réceptionnés depuis plus de six années aujourd’hui, les locaux à usage professionnel d’Ath-Rached offrent toujours le même spectacle sinistre. Les jeunes bénéficiaires de ces locaux affichent beaucoup de frustration et disent qu’ils voient leurs rêves tomber à l’eau, si la situation n’est pas traitée dans les plus brefs délais. Le même constat est à soulever au niveau de la commune d’Aïn-Bessem, où les 100 locaux commerciaux situés au quartier « El Akid » sont victimes d’actes de vandalisme, sous le regard indifférent de tout le monde. Personne ne peut rien y faire. Nombre de ces magasins ont tout simplement été délestés de tout ce qui est transportable : portes, fenêtres, grilles extérieures, une véritable et grande perte pour tous, y compris les jeunes ayant bénéficié de crédits bancaires. « Sur une trentaine de locaux, seulement deux ou trois bénéficiaires continuent à exercer normalement. C’est surtout ceux du rez-de-chaussée, puisque ils se sont faits des portes d’entrées à l’extérieur du bâtiment. Le même constat alarmant a été soulevé au niveau de plusieurs communes de la wilaya, notamment au niveau des communes d’El-Hachimia, Sour El-Ghozlane, Ath-Leqsar, Ahnif et El Mokrani, où ces locaux mal situés et mal placés se transforment en « immeuble fantôme ». Selon les chiffres de la Direction de l’emploi des jeunes, le programme présidentiel des 100 locaux par commune a vu la réalisation de 2 398 locaux commerciaux depuis 2006, et ce, à travers les 45 communes de la wilaya de Bouira. Sur les 2 398, pas moins de 1 599 locaux ont été distribués jusqu’à ce jour par les services de la DEJ. 799 autres locaux n’ont pas été encore attribués, donc pas encore exploités. Cette décision du wali devrait donc rentabiliser ces locaux, en les mettant au profit des administrations, avec le seul et unique objectif de rapprocher ces dernières du citoyen.
Ramdane B.

