«Pour cette première rencontre, nous tenterons d’expliquer, à travers la presse en premier temps, le pourquoi de cette organisation de la filière production de l’huile d’olive avec les transformateurs qui déboucheront avec la foire de l’huile d’olive qui se tiendra du 12 au 15 Mai 2015 sur la place du Musée de Tizi-Ouzou », nous avance M. Khris Mohamed Saïd, membre du Conseil de gestion de la coopérative agricole polyvalente de Tizi-Ouzou (CAPTO), lors d’un point de presse tenu, hier, à l’ITMAS de Boukhalfa. Il faut souligner que c’est pour la première fois que cette initiative se tienne. « Nous tablons sur la trentaine de participants dont la majorité seront des transformateurs, c’est-à-dire, ceux qui possèdent des huileries traditionnelles ou modernes qui seront de Tizi-Ouzou, Boumerdès, Béjaïa et Bouira et à l’avenir, nous comptons lui donner un cachet régional », expliquera-t-il. À travers cette foire, les organisateurs (Capto et APW) ont arrêté un triple objectif, à savoir rapprocher les agriculteurs de cette filière, offrir un espace pour acquérir la bonne huile pour le consommateur, les producteurs et les transformateurs, la possibilité de vendre en un temps record leurs produits, faire un diagnostic sur les conditions de travail et la qualité du produit. Il est à remarquer qu’avec les nouvelles technologies, la transformation et la qualité de l’huile est meilleure qu’auparavant, avec une vision toute proche ou lointaine « avoir un label pour notre huile ». M. Khris fait une comparaison entre ce qui se fait au niveau de la wilaya de Tizi-Ouzou et ce qui se fait ailleurs. « Nous sommes en retard à cause de la méthode traditionnelle encore utilisée et l’huile est trop acidulée. Alors qu’avec les huileries modernes, nous obtenons une huile pure et de meilleure qualité avec un taux d’acidité moins élevé », dira M. Khris. Le conférencier fait une autre comparaison entre le greffage et la plantation d’arbustes (jeunes oliviers). « Le premier donne de meilleurs résultats et plus rapidement, contrairement à la plantation qui demande quelques années pour récolter les premiers fruits. Les responsables projettent d’organiser, chaque année, une foire pour une filière donnée, car le pétrole n’est pas éternel », ajoutera-t-il. Le côté « formation » est aussi soulevé durant cette rencontre. « L’agriculture est le secteur de création de richesse et d’emplois », dira d’emblé M. Ramdane Ladouari, membre de l’APW et président de la commission de l’agriculture. Il relève les faiblesses de ce secteur qu’il faut revoir dans sa majorité et une attention particulière est en train de se faire au niveau de l’APW. « Nous sommes capables d’améliorer la qualité de l’huile d’olive tout en augmentant la production », annoncera-t-il. Le phénomène des incendies est également souligné. Des incendies qui ravagent des centaines d’hectares d’oliveraies qu’il est difficile de régénérer. Des familles entières qui vivaient de cette seule richesse, aujourd’hui trouvent des difficultés à s’en remettre. Pour le conférencier, il y a un retour vers le travail de la terre. Pour sa part, M. Houali Omar, transformateur, possède une huilerie (semi-automatique) de Larbaâ Nath Irathen, invité à cette rencontre, nous confie : « Finalement, nos responsables et élus nous ont invités nous qui sommes tout le temps invités à l’étranger : France, Italie, Espagne notamment la Tunisie. Avec notre expérience dans le domaine, nous espérons apporter un plus à la production et à la qualité (label visé) de l’huile d’olive dont il y a plusieurs qualités. Nous n’arrivons à exporter ». D’autres invités étaient aussi présents, à l’image de trois jeunes franco-algériens qui veulent investir dans ce créneau et qui sont intéressés par ce produit. M. Dalil Béloucha, originaire de Béni Ouartilène, dira : « Le secteur de l’huile est ma passion. Je voudrais apporter un plus à ce produit et l’exporter à travers le monde. Il y a tout un travail, des démarches à faire pour arriver à des résultats probants. Je sais que ce n’est pas facile, mais il faut s’accrocher pour que nos produits soient de bonne qualité et aptes à être exportés avec un label ! » Ces jeunes sont là pour préparer le terrain avec les organisateurs de cette rencontre et de la prochaine foire tout en ayant des discussions avec des partenaires étrangers, notamment en Asie. La famille Dahmane est représentée par son fils Chérif. Leur histoire avec cette filière de l’huile nous est racontée par ce garçon qui se dit de la 5ème génération. « Mes ancêtres, originaires de Timizart (Souk El Had), pratiquaient cette transformation déjà en 1830. Et en 1952, mon grand-père Hadj Saïd a eu l’idée de modifier l’huilerie traditionnelle en lui plaçant un moteur ‘marque Bernard’. Et le chanteur Ahcène Méziani de Larbaâ Nath Irathen a produit une chanson dans ce sens en rendant hommage à cet évènement », dira-t-il.
Arous Touil
