Béjaïa : La chambre de l’artisanat et des métiers lance sa première session de formation – Redorer le blason du tissage traditionnel

La chambre de l’artisanat et des métiers de la wilaya de Béjaïa a lancé dimanche, en collaboration avec la Direction de la formation professionnelle, la première session de tissage traditionnel au niveau du CFPA de Baccaro, dans la coquette station balnéaire « Tichy ». L’ouverture de l’événement a été donné par le directeur de la CAM , Monsieur Tebani, en présence d’une armada d’invités à l’instar des représentants des autorités locales, du directeur du CFPA d’Aokas, des responsables du secteur de l’éducation nationale, ainsi qu’une vingtaine de jeunes femmes stagiaires venues des régions d’Ait Smail, de Darguina, de Béjaïa, d’El Kseur et de Tichy. « Le tapis «kabyle» était le symbole de l’originalité et de l’authenticité de l’art traditionnel de la région. On l’offrait en cadeau aux hôtes, d’où qu’ils soient… Actuellement, les quelques tisserands de la région qui cherchent encore à préserver l’activité du métier à tisser et la transmettre aux jeunes générations se plaignent de l’absence d’une prise en charge effective dans ce domaine», déclare Monsieur Tebani, qui a d’emblée mis l’accent sur la nécessité de miser le tout pour redorer le blason des métiers traditionnels, tout en mettant les mécanismes adéquats pour métamorphoser, adapter et revaloriser le produit local. « Il serait criminel de négliger les anciens métiers, notamment la confection de tapis à l’ancienne, la poterie et tout ce qui formait l’identité et la fierté de toute une région, célèbre par ses couleurs et ses motifs principalement inspirés de l’ornementation berbère qui est aujourd’hui en voie de disparition », ajoute Monsieur Tebani tout en focalisant son intervention sur la nécessité d’œuvrer pour une relève à tout ce qui est propre à la région, en citant comme exemple le tapis d’Ath Hichem, de Gardaïa, de Nmamcha et autres. Selon l’orateur, c’est l’industrie manufacturière qui est la principale cause du déclin de ce très ancien et magnifique produit artisanal du terroir, auquel s’ajoutent la rareté et la cherté de la matière première, principaux motifs de découragement qui ont poussé beaucoup d’artisans à renoncer à la fabrication de ce tapis qui a longtemps fait la notoriété de la région et du pays.

De son côté la vice-présidente de la CAM, Mme Oulebsir, estime que les gens délaissent ce beau tapis et acquièrent celui industriel à cause de son prix modique. « Le «Nemmemcha», pur produit traditionnel, est le symbole de toute une culture ancestrale, celle d’une grande tribu. Autrefois, il était très prisé par les familles citadines aisées de la région qui l’utilisaient pour l’ornement de leurs salons, ou pour en tapisser les murs. Il faisait aussi subsister les familles bédouines pauvres. Il est grand temps de penser à la relance urgente du tapis berbère », estimera-t-elle. Pour la directrice du centre, Mme Zaghzi, qui a salué l’initiative de la direction de la chambre de l’artisanat et des métiers, les portes des établissements du secteur sont grandes ouvertes à tout ceux qui visent la prise en charge des jeunes et peuvent donc aider un tant soit peu à tout ce qui peut propulser les métiers traditionnels à leurs valeurs ancestrales indélébiles. «Quelques régions de la Kabylie ont réussi à préserver des compétences de base et les arts traditionnels.

Elles gardent majestueusement la touche originale des produits du terroir ; il ne manque que ce petit coup de pousse initié par la chambre de l’artisanat et des métiers (CAM) pour promouvoir ce créneau aux différentes mosaïques et aux influences diverses, le tapis et les tissages qui sont une expression culturelle par excellence. Ils sont aussi les premiers à donner des éléments d’information dont la richesse trouve son explication dans le brassage des civilisations depuis la nuit des temps», conclura-t-elle.

Rabah Zerrouk