Le comité du département de langue et culture amazighes a organisé, hier, un sit-in de revendication devant le siège de la Direction de l’éducation.
Une action qui intervient afin de dénoncer le nombre de postes budgétaires alloués à l’enseignement de tamazight, exiger sa révision avant le 27 mai, date de la tenue du concours, et exiger une meilleure prise en charge de la langue. Comme prévu, un rassemblement a eu lieu, hier, devant le siège de la direction de l’éducation de la wilaya de Tizi-Ouzou. Des dizaines d’étudiants et d’enseignants ont rependu à l’appel lancé par le Comité du département de langue et culture amazighes (CDLCA) de l’université Mouloud Mammeri à Tizi-Ouzou (UMMTO). L’action était prévue afin d’exiger une meilleure prise en charge de tamazight. Une revendication qui ne cesse de faire monter au front les premiers concernés, à savoir les étudiants et les enseignants. Ayant débuté vers 11h, le rassemblement a été l’occasion pour les protestataires de mettre en avant leurs principales revendications. Sur des pancartes, on pouvait en effet lire : «Non au facultatif», «Tamazight theder assa azeka» (tamazight vivra aujourd’hui et demain) et pour la transcription latine», entres autres slogans, tel que «augmentation du nombre de postes budgétaires octroyés par le secteur de l’éducation pour les enseignants de tamazight. Dans une déclaration remise à la presse lors du sit-in, les représentants du CDLCA déplore, en effet, le nombre «insignifiants» de postes dont a hérité l’enseignement de tamazight dans le cadre du concours de cette année. «Au moment où nous entretenons l’espoir de voir cette langue introduite dans la constitution et d’avoir le statut de langue officielle et au moment même où le ministère de l’Éducation se targue à parler de la généralisation de cette langue, la réalité du terrain nous rattrape», écrit-t-on dans le document. Pour le comité le nombre de postes budgétaires accordés pour l’enseignement de tamazight est une preuve tangible du mépris affiché à l’égare de cette langue. Ils se demandent, d’ailleurs, «comment ose-t-on parler de la prise en charge de tamazight et de sa généralisation quand on lui réserve un pourcentage de moins de 1% du nombre de poste budgétaire ?» Allant plus loin dans le document, le CDLCA de l’UMMTO explique que «sur 19 000 postes ouverts par le ministère de l’Éducation nationale, 209 seulement sont octroyés pour tamazight». C’est pour cette raison, d’ailleurs, qu’ils réclament la révision, en urgence, de ce nombre jugé insignifiant. «Nous continuerons à exiger une meilleure prise en charge de tamazight et par ricochet nous interpellons les décideurs à revoir ce nombre insignifiant à la hausse et ce avant le 27 mai, date du concours de recrutement», terminent-ils. Il est à noter qu’une lettre qui met en avant cette même revendication a été adressée au ministère de l’Éducation.
T. Ch.

