Les villageois de Lahguiya, relevant de la commune de Djebahia, à une trentaine de kilomètres à l’Ouest du chef-lieu de la wilaya de Bouira, ont protesté dans la matinée d’hier, devant le siège de la wilaya. Une délégation composée d’une cinquantaine de personnes s’est en effet déplacée afin de rencontrer le wali et lui exposer certaines carences qui subsistent encore au niveau de leur bourg. Parmi les principales revendications de ces citoyens en colère, il y a entre autres le raccordement de leur village aux réseaux AEP et gaz naturel, ainsi que l’électrification. Ce dernier point a en effet de quoi étonner ; selon certains protestataires, dans certains foyers, on continue à s’éclairer à la bougie. «Je vous assure qu’on s’éclaire à la lueur de la bougie ! Oui, on est en 2015, bientôt 2016 et on n’a pas d’électricité. Notre bourg a, et sans exagération aucune, plus de 60 ans de retard !», s’exclame un manifestant qui brandissait l’emblème national. Il est vrai que ce village, de près de 1 700 âmes, est laissé à l’abandon, depuis plusieurs années. Cet état de fait provoque, chez la population, un sentiment de marginalisation et d’exaspération. «Depuis plus de cinquante ans, notre village n’a bénéficié d’aucun plan d’aménagement. Nous sommes isolés et nous manquons de tout !» soulignent les villageois. Concernant le raccordement au réseau d’AEP, les manifestants ont noté le fait que plusieurs demandes ont été introduites auprès des services concernés, dans l’hypothétique espoir d’un raccordement, mais en vain. «On est encore et toujours réduits à nous approvisionner en eau à partir d’une source située à une dizaine de kilomètres en contrebas», dira Hamza, un jeune homme qui ne savait plus comment exprimer sa colère et son exaspération. Selon certains villageois, les autorités de la wilaya s’étaient pourtant engagées à accélérer les travaux de raccordement au réseau d’AEP à partir du barrage Koudiat Acerdoune, sis dans la commune voisine de Maala. «On nous a promis, depuis 2009, que notre localité allait être raccordée aux eaux de ce barrage. 6 ans plus tard, on est toujours obligés de parcourir des kilomètres, jerricanes à bout de bras. C’est absurde !», ont-ils vociféré. Quant au gaz naturel, ces villageois se disent désespérés de le voir arriver dans leurs foyers. «Pourquoi les communes voisines de Ziraoua et Boulerbah ont été raccordées et pas nous ? L’entreprise chargée du raccordement au gaz a plié bagage au bout de quelques semaines. Et personne n’a rien trouvé à redire. C’est de la hogra !», disent-ils. Enfin, il y a lieu de souligner que le chef de cabinet du wali a reçu une délégation de quatre personnes et s’est engagé à transmettre leurs doléances au wali de Bouira.
Ramdane B.
