Khalifa sera-t-il extradé ?

Abdelmoumène Khalifa sera-t-il extradé vers l’Algérie ? La question mérite d’être posée si l’on croit les propos tenus par le Garde des sceaux, Tayeb Belaïz, qui avait indiqué, jeudi dernier devant les députés que l’Algérie et la Grande-Bretagne sont sur le point de signer une convention d’extradition. Tayeb Belaïz, a en effet indiqué que les deux pays sont à un stade avancé des négociations pour l’extradition des personnes condamnées en Algérie et se trouvant sur le sol britannique. Sans verser dans les détails, le ministre de la Justice a précisé que la maladie du président de la République a quelque peu freiné cette opération. Cela confirme d’ailleurs l’intérêt manifesté par le gouvernement britannique à l’égard de notre pays ces derniers mois. Tout a commencé, pour rappel, par un coup de téléphone de Tony Blair au Président Bouteflika suite aux attentats de Londres. Le premier ministre britannique avait invité Abdelaziz Bouteflika à se rendre à Londres pour « discuter des points d’intérêt commun ». La rencontre entre les deux chefs d’Etat était prévue pour le mois de décembre, mais la maladie du président de la République a changé la donne. Au lendemain du retour de Bouteflika au pays, Tony Blair, dans un message de vœu de rétablissements, a confirmé son souhait de rencontrer le Président algérien. « Je souhaite vous rencontrer très bientôt ( ) nous avons beaucoup de choses à discuter ensemble », avait écrit notamment Tony Blair. En dehors des chefs d’Etat, des responsables britanniques se sont succédé à Alger. Il en est ainsi, le mercredi passé, du secrétaire général du Foreing Office, le ministère britannique des Affaires étrangères, Michael Jay, qui s’est longuement entretenu avec son homologue algérien, Ramtane Lamamra, mais aussi avec d’autres responsables algériens de haut rang. Si d’autres sujets ont été abordés, la coopération judiciaire a pris une part importante des discussions. C’est, en fait un changement important dans la position du Royaume Uni qui avait logé des années durant des responsables islamistes radicaux. Au moment même où les terroristes voulaient mettre à feu et à sang notre pays, des responsables de la Grande Bretagne ouvraient les espaces publics de leur pays, notamment à Londres, à la subversion islamiste sous prétexte du respect des droits de l’Homme. Mais les attentats de juillet dernier, qui avaient touché le cœur du Royaume avaient fini par réveiller Tony Blair et son gouvernement qui avaient fait adopter quelques jours plus tard, une loi plus sévère sur le séjour des étrangers sur leur sol. Par ailleurs, et au cours de son intervention devant les députés, Tayeb Belaïz a indiqué que les lois relatives à l’application de la charte pour la paix et la réconciliation nationale, seront rendues publiques très prochainement sans donner plus de détails.

Ali Boukhlef