Quand des commerçants imposent leur loi

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Au troisième jour du Ramadhan, la disponibilité et l’accessibilité des fruits et légumes sont toujours vérifiées au niveau du marché de la ville de Bouira, du moins concernant les fondamentaux du repas du Ramadhan. Seulement, certains commerçants peu scrupuleux méprisent carrément les clients, en faisant fi des règles rudimentaires d’hygiènes et surtout omettant sciemment d’afficher les prix des produits de large consommation. Le tout, dans la parfaite indifférence des services de contrôle de la direction du Commerce de Bouira. Samedi dernier, troisième jour du mois de Ramadhan, il régnait une anarchie indescriptible au niveau du marché couvert, sis au quartier Ainouche Hdjila. La quasi-majorité des commerçants activant dans cette structure commerciale n’affichaient pas les prix de leurs marchandises, laissant les consommateurs livrés à eux-mêmes. «Afficher ? Pourquoi faire ?», nous dira un marchand de fruits et légumes, qui ne donnait guère l’impression de se soucier des consommateurs et encore moins des services de contrôle de la DCP. Bon nombre de citoyens rencontrés sur les lieux concédaient volontiers qu’ils sont «perdus» dans la jungle des prix. «Certains commerçants n’affichent pas les prix de peur de faire fuir le consommateurs. Pourtant, c’est notre droit d’être au fait des prix et avoir le choix», fera remarquer Djaffar, un citoyen qui faisait ses emplettes au niveau dudit marché. Il est vrai que certains commerçants sont passés maîtres dans l’art de prendre les clients pour des «pigeons» juste bons à déplumer. La scène qui suit illustre parfaitement cet état d’esprit, en l’absence de contrôle et surtout de sanctions à l’égard de ces commerçants indélicats : Une vieille dame, couffin à la main, demandait gentiment le prix de la pomme de terre, vu que le prix de ce tubercule n’était affiché nulle part. La réponse du marchand était d’une brutalité inouïe. «C’est 50 DA ! Et arrêtez de me casser la tête. Si vous voulez acheter, tant mieux, sinon laissez-moi tranquille», lui lançait-il. La pauvre dame, qui s’est faite rabrouée, n’a pas eu d’autre choix que d’aller voir ailleurs, sans piper mot. Ce genre de scènes sont hélas très fréquentes dans nos marchés, où le client qui devrait être roi est carrément pris en otage du diktat de certains commerçants. Pour l’hygiène, c’est pire. Le marché couvert de la ville de Bouira ressemble beaucoup plus à un dépotoir, qu’à une structure commerciale digne de ce nom. Les bouchers exposent la viande à même le sol. Les mouches et autres bestioles prolifèrent à vue d’œil et se donnent pour ainsi dire, à cœur joie. Dans une boucherie située à l’intérieur de ce marché la viande ovine et bovine est entreposée à l’air libre, provoquant une rupture complète de la chaîne de froid, rendant cette viande extrêmement dangereuse pour la santé. Une odeur fétide se dégageait des carcasses de viandes exposées ici et là. Une odeur tellement infecte, qu’elle donnait la nausée aux estomacs les plus sensibles. La volaille était quant à elle, relativement mieux lotie, car elle est entreposée au niveau d’un petit frigo, qui ne paie pas de mine et dont les portes sont partiellement entre-ouvertes. Et quand un citoyen «ose» s’interroger sur la fraîcheur de cette viande, le boucher s’empresse de lui signifier : «Si tu n’es pas content, personne ne t’oblige à acheter». Dans de pareilles conditions, faire son marché relève du parcours du combattant. Et pendant ce temps-là que font les services de contrôles ? Et bien selon certains témoignages recueillis auprès de quelques commerçants, aucun agent n’aurait été aperçu dans les parages depuis jeudi dernier, premier jour du mois de Ramadhan. Certes, ils ne vont pas opérer avec tambour et trempette, mais jusqu’à samedi dernier, aucun commerçant n’a été verbalisé et pourtant, comme il a été indiqué ce n’est pas les infractions qui manquent.

Ramdane Bourahla

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