De notre envoyé spécia Aomar Mohellebi
Deux posters de Si Mohand U M’hand, au milieu un portrait géant de Matoub Lounès. La voix du Rebelle résonne à gros décibels. La voix rocailleuse suscite les commentaires des visiteurs qui s’attardent sur les portraits des deux plus grands poètes. Le hall du Palais de la culture est plein à craquer. Les appareils photo fonctionnement sans discontinuer pour immortaliser ces moments émouvants. PLusieurs citoyens des wilayas de Bgayet, Tizi Ouzou et Bouira travaillant à Oran font aussi le déplacement pour prendre part à la fiesta. La journée de mardi dernier a été consacrée aux récitals poétiques. Plus de 20 poètes kabyles et d’Oran se sont succédé sur la scène pour dire leurs mots et leurs maux. C’est la poétesse Nadia Benamar, de l’association Numidia qui a animé ces moments de rimes où le public local a été bien servi dans sa langue maternelle. Le poète primé au festival de Tizi Ouzou, Ahmed Oulahlou a été très apprécié tout comme le jeune Rabah Selmi que le public local découvre pour la première fois. Bien que ce soit un jour de semaine, la salle était archicomble. Le mercredi, il a été question de conférences animées par de nombreux auteurs ayant travaillé sur Si Mohand U M’hand, dont Abdesselam Abdennour, Younès Adli, Ali Mammeri et Abdellah Hamane. Après l’ouverture faite par M. Saïd Zamouche, président de Numidia, Hamane Abdellah a animé une conférence intitulée « Aperçu sur la littérature amazighe ». Abdesselam Abdennour est revenu sur la célèbre rencontre de Si Mohand avec Cheikh Mohand. Younès Adli a développé « Takbaylit dans l’œuvre de Si Mohand avec quelques aperçus ». M. Ali Mammeri a choisi le même thème avec Abdesselam mais développé autrement. Le débat a été riche et contradictoire. La fête organisée par l’association Numidia a atteint son apogée hier puisque la fête du couscous a donné lieu carrément à un envahissement du Palais de la culture. Des jeunes femmes vêtues de robes kabyles, dont les très dynamiques Amina et Kahina, ont commencé la préparation du couscous géant dès 10h. Mais au vu de l’affluence, il a été très difficile aux organisateurs de gérer le repas. Après des efforts énormes, ils ont réussi à maîtriser la situation. L’ambiance était impressionnante dans tous les halls et recoins du Palais de la culture, qui s’est avéré exigu pour l’accueil d’une telle foule. Cette multitude a toutefois donné lieu à une ambiance familiale digne, à tous les égards, des Timechret, qu’on organise dans les quatre coins de la Kabylie. Hayet, une oranaise qui travaille au Théâtre régional d’Oran a été conviée à l’instar de tant d’autres à partager ces moments de félicité. Elle nous confie avec un air jovial : « Je suis très contente d’être aujourd’hui parmi mes sœurs et frères Kabyles ». C’est à 14h que l’ambiance festive a atteint son apogée. La fête a été totale. Dans le cadre de ces journées, une pièce théâtrale a été présentée à 19h au Théâtre régional d’Oran. La troupe de Djamel Benaouf (qui appartient à l’association Numidia) a joué dans une salle archicomble. Le public a apprécié beaucoup l’art et la manière avec lesquels les comédiens ont interprété leurs rôles. Cette pièce a été un hommage aux hommes de culture algériens, qu’ils soient de Kabylie ou d’ailleurs. L’hommage de la troupe a été rendu aussi bien à Lounès Matoub qu’à Abdelkader Alloula ou à Kateb Yacine. Lorsque les spectateurs ont reconnu un passage de la chanson de Matoub « A l’hif », elle a lancé des ovations à l’unisson. En organisant cet événement, Numidia a réussi un grand exploit.
A. M.
